Shabbat 3
כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְקַשׁ וּבִגְבָבָא, נוֹתְנִים עָלֶיהָ תַּבְשִׁיל. בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים, לֹא יִתֵּן עַד שֶׁיִּגְרֹף, אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֶת הָאֵפֶר. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, חַמִּין אֲבָל לֹא תַבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים, חַמִּין וְתַבְשִׁיל. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, נוֹטְלִין אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים, אַף מַחֲזִירִין:
Un kirah [un endroit fait dans le sol pour accueillir deux pots, le feu passant en dessous], qui était chauffé avec de la paille et de la gévava [copeaux de bois aussi fins que de la paille qui sont ratissés (govevin) du champ] —un plat peut être placé dessus [à partir de la veille du sabbat, pour le laisser là le jour du sabbat]. (S'il a été chauffé) avec du gefeth [ce qui reste d'olives ou de sésame après l'extraction de leur huile] ou avec du bois, il ne peut pas le placer là jusqu'à ce que [les charbons] soient grattés [de la kirah] ou jusqu'à ce qu'il dépose des cendres [sur les charbons pour les couvrir et les refroidir—un décret de peur qu'il ne remue les charbons le jour du sabbat pour hâter la cuisson. Ce décret s'applique spécifiquement à un plat qui n'a pas été entièrement cuit, voire à un qui a été entièrement cuit, mais qui s'améliore par ébullition. Mais si le plat n'a pas du tout été cuit ou s'il se détériore par ébullition, il est permis de le laisser sur la kirah même s'il n'a pas été gratté ou recouvert de cendres, et nous ne craignons pas qu'il remue les charbons, depuis qu'il en a retiré son esprit. Il en est de même pour un plat qui a été entièrement cuit mais dans lequel il a jeté une branche crue près de ben hashmashoth. Tout devient comme un plat qu'il n'avait pas du tout cuisiné, parce qu'il s'en est éloigné.] Beth Shammai dit: [de l'eau chaude peut être mise sur une kirah après l'avoir grattée, car elle n'a pas besoin d'être cuite et il y a pas besoin de décréter de peur qu'il remue les charbons], mais pas un plat, [même si la kirah avait été grattée. Car il est impossible de gratter tous les charbons avant qu'il ne reste une étincelle, et il pourrait venir le remuer puisqu'il veut que le plat cuit.]; et Beth Hillel dit: Il peut être pris, mais pas rendu. [Même eau chaude, qu'il est permis de laisser sur une kirah qui a été grattée et recouverte de cendres—après l'avoir enlevé, il ne doit pas être rendu, car cela donne l'impression qu'il cuisine le jour du sabbat.] Et Beth Hillel dit: Il peut aussi le rendre, [à la fois de l'eau chaude ou un plat, après avoir pris il éteint. Beth Hillel ne permettait son retour que s'il était encore dans sa main, s'il ne le posait pas sur autre chose. Mais s'il l'a placé sur le sol ou sur autre chose, même Beth Hillel soutient qu'il ne peut pas le rendre, car c'est comme «stocker» ab initio le jour du sabbat.]
תַּנּוּר שֶׁהִסִּיקוּהוּ בְקַשׁ וּבַגְּבָבָא, לֹא יִתֵּן בֵּין מִתּוֹכוֹ בֵּין מֵעַל גַּבָּיו. כֻּפָּח שֶׁהִסִּיקוּהוּ בְקַשׁ וּבִגְבָבָא, הֲרֵי זֶה כְכִירַיִם, בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים, הֲרֵי הוּא כְתַנּוּר:
Un tanur (un four) qui a été chauffé avec de la paille ou avec de la gévava [Parce qu'un tanur est étroit au-dessus et large en dessous, sa chaleur est plus concentrée que celle d'un kirah, de sorte que même s'il était chauffé avec de la paille ou avec de la gévava, nous peur qu'il puisse remuer les charbons, car il n'en retire jamais son esprit] —un plat ne doit pas y être placé, à la fois à l'intérieur ou sur le côté. Un kupach chauffé avec de la paille ou de la gevavah est comme un kirayim; avec des gefeth ou du bois, comme un tanur. [Un kupach est fait comme un kirah, mais il est aussi long qu'il est large, de sorte qu'il n'y ait de place que pour un seul plat. Le feu passe en dessous et sa chaleur est supérieure à celle d'une kirah (car une kirah est ouverte au-dessus de l'espace de deux pots, alors que le kupach n'est ouvert que l'espace d'un pot), et inférieure à celle d'un tanur.]
אֵין נוֹתְנִין בֵּיצָה בְצַד הַמֵּחַם בִּשְׁבִיל שֶׁתִּתְגַּלְגֵּל. וְלֹא יַפְקִיעֶנָּה בְסוּדָרִין. וְרַבִּי יוֹסֵי מַתִּיר. וְלֹא יַטְמִינֶנָּה בְחֹל וּבַאֲבַק דְּרָכִים בִּשְׁבִיל שֶׁתִּצָּלֶה:
Un œuf ne peut pas être placé [le jour du sabbat] à côté du meicham [une bouilloire en cuivre dans laquelle l'eau est chauffée sur le feu] pour qu'il soit "roulé" [c'est-à-dire pour qu'il soit rôti sur des foulards. [Il ne peut être brisé pour être rôti sur une écharpe chauffée au soleil; car nous décrétons (c'est-à-dire interdisons) les (résultats) du soleil en raison de celui-ci du feu.] R. Yossi le permet. [Il soutient que nous ne décrétons pas la communication du soleil en raison de la mention du feu. La halakha n'est pas conforme à R. Yossi.] Et il ne peut pas l'enterrer dans le sable ou dans la poussière des routes [qui a été chauffée par le soleil] pour la rôtir. [Et dans ce cas, R. Yossi ne le permet pas, le sable étant condamné à cause des braises. Car puisque ce sont deux formes de «stockage», il pourrait en venir à dire: «Quelle différence cela fait-il que ce soit de la braise ou du sable?». Ou il se peut que R. Yossi décrète de peur de déplacer le sable de sa place. Car il n'y aurait peut-être pas assez de sable là-bas et il pourrait venir déplacer de la terre compacte, ce qui est un mot de «labour»].
מַעֲשֶׂה שֶׁעָשׂוּ אַנְשֵׁי טְבֶרְיָא וְהֵבִיאוּ סִלּוֹן שֶׁל צוֹנֵן לְתוֹךְ אַמָּה שֶׁל חַמִּין. אָמְרוּ לָהֶן חֲכָמִים, אִם בְּשַׁבָּת, כְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ בְשַׁבָּת, אֲסוּרִין בִּרְחִיצָה וּבִשְׁתִיָּה בְּיוֹם טוֹב, כְּחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ בְיוֹם טוֹב, אֲסוּרִין בִּרְחִיצָה וּמֻתָּרִין בִּשְׁתִיָּה. מוּלְיָאר הַגָּרוּף, שׁוֹתִין הֵימֶנּוּ בְשַׁבָּת. אַנְטִיכִי, אַף עַל פִּי שֶׁגְּרוּפָה, אֵין שׁוֹתִין מִמֶּנָּה:
Une fois, les hommes de Tibériade ont placé un tuyau d'eau froide dans un conduit d'eau chaude [venant des sources chaudes de Tibériade, de sorte que l'eau froide était chauffée par le chaud.] Les sages leur ont dit: Si le jour du sabbat, comme l'eau chaude chauffée le jour du sabbat, [c'est-à-dire que l'état de l'eau qui coule à travers ce tuyau le jour du sabbat est celui de l'eau chaude qui était chauffée le jour du sabbat], à savoir: Il est interdit de s'y laver [même un petit limb] et il est [également] interdit de le boire. [Et le statut de l'eau qui la traverse] lors d'un festival est celui de l'eau chaude qui était chauffée lors d'un festival. Il est interdit de laver [tout le corps] dedans, mais il est permis de se laver le visage, les mains et les pieds], et il est permis de le boire. [La halakha est conforme aux sages. (Les hommes de Tibériade ont fait un revirement et ont cassé la pipe.)] On peut boire dans un moliar éraflé le jour du sabbat. [("moliar" :) La gemara explique: De l'eau à l'intérieur, des charbons à l'extérieur. C'est un récipient avec un petit réceptacle attaché à sa paroi extérieure dans lequel sont placés les charbons et l'eau dans le grand réceptacle. S'il était gratté de charbon pendant qu'il faisait encore jour, il est permis de boire de l'eau dans le grand récipient le jour du sabbat, même si elle est quelque peu réchauffée par le récipient. Car elle n'ajoute pas de chaleur, mais la conserve seulement pour que le contenu ne refroidisse pas.] On ne peut pas boire dans un antichi, même s'il a été gratté. [L'antichi est un récipient en cuivre à deux surfaces. L'eau est placée au-dessus, et le feu en dessous, entre les deux surfaces, sa chaleur étant ainsi longtemps conservée. De sorte que même si les charbons sont grattés la veille du sabbat, l'eau est chauffée le jour du sabbat, raison pour laquelle il est interdit d'en boire le jour du sabbat.]
הַמֵּחַם שֶׁפִּנָּהוּ, לֹא יִתֵּן לְתוֹכוֹ צוֹנֵן בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּחַמּוּ, אֲבָל נוֹתֵן הוּא לְתוֹכוֹ אוֹ לְתוֹךְ הַכּוֹס כְּדֵי לְהַפְשִׁירָן. הָאִלְפָּס וְהַקְּדֵרָה שֶׁהֶעֱבִירָן מְרֻתָּחִין, לֹא יִתֵּן לְתוֹכָן תְּבָלִין, אֲבָל נוֹתֵן הוּא לְתוֹךְ הַקְּעָרָה אוֹ לְתוֹךְ הַתַּמְחוּי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, לַכֹּל הוּא נוֹתֵן, חוּץ מִדָּבָר שֶׁיֶּשׁ בּוֹ חֹמֶץ וְצִיר:
Un meicham [une bouilloire en cuivre placée sur le feu pour chauffer l'eau à l'intérieur] —s'il était retiré [de la kirah, et qu'il contenait de l'eau chaude], de l'eau froide ne devrait pas y être mise pour être chauffée [par l'eau chaude restant dans le meicham, ceci étant comme cuisiner le jour du sabbat], mais on peut mettre dedans [beaucoup d'eau (froide), pour que tout devienne tiède], ou dans une tasse, pour la rendre tiède. [Et même s'il s'agit d'un kli-sheni ("second vaisseau"), il n'est permis que de le rendre tiède. Mais il est interdit d'en mettre un peu pour qu'il soit chauffé, cette tanna tenant qu'un kli-sheni cuisine. Et en dessous, il est enseigné: «Mais il peut le mettre dans le plat», ce qui implique qu'un kli-sheni ne cuisine pas. La halakha est qu'un kli-sheni ne cuit pas.] Si quelqu'un a pris un ilpass ou un kederah (types de pots) [du feu ben hashmashoth], bouillant, il ne peut pas y mettre d'épices, mais il peut les mettre dans le plat ou dans le tamchui (dans lequel le contenu des pots a été versé), [car un kli-sheni ne cuit pas. ("tamchui" :) un grand plateau dans lequel tout l'ilpass est versé, puis réparti sur les plats.] R. Yehudah dit: Il peut les mettre dans n'importe quoi, [même un kli-rishon ("premier récipient")] , sauf celui qui contient du vinaigre ou de la saumure de poisson, [car ils cuisent les épices. La halakha n'est pas conforme à R. Yehudah. Et ce sont précisément les épices qu'il est interdit de mettre dans un kli-rishon, même après l'avoir retiré du feu. Mais le sel ne cuit pas même dans un kli-rishon, sauf lorsqu'il est sur le feu. Par conséquent, il est permis de mettre du sel même dans un kli-rishon après l'avoir retiré du feu.]
אֵין נוֹתְנִין כְּלִי תַּחַת הַנֵּר לְקַבֵּל בּוֹ אֶת הַשֶּׁמֶן. וְאִם נוֹתְנוֹ מִבְּעוֹד יוֹם, מֻתָּר. וְאֵין נֵאוֹתִין מִמֶּנּוּ, לְפִי שֶׁאֵינוֹ מִן הַמּוּכָן. מְטַלְטְלִין נֵר חָדָשׁ, אֲבָל לֹא יָשָׁן. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, כָּל הַנֵּרוֹת מְטַלְטְלִין, חוּץ מִן הַנֵּר הַדּוֹלֵק בְּשַׁבָּת. נוֹתְנִין כְּלִי תַחַת הַנֵּר לְקַבֵּל נִיצוֹצוֹת. וְלֹא יִתֵּן לְתוֹכוֹ מַיִם, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְכַבֶּה:
Il est interdit de placer un récipient sous une lampe [le jour de Shabbath] pour y recueillir de l'huile [qui coule]. [Car l'huile est muktzeh, et il est interdit d'annuler un navire de son utilisation désignée, c'est-à-dire de le mettre dans un endroit d'où il ne peut pas être déplacé. Car c'est comme lui fixer une place et y attacher, comparable à un travail (interdit). Et ce vaisseau, une fois que l'huile y tombe, est muktzeh, et il est interdit de le déplacer.] Et s'il l'a placé là pendant qu'il faisait encore jour, c'est permis. Et il est interdit d'en profiter [l'huile qui coulait de la lampe le Shabbath], car elle (l'huile) n'est pas de ce qui est muchan ("prêt"), [ayant été mise de côté pour l'allumage]. Il est permis de déplacer une nouvelle lampe [qui n'est pas maus («répulsive»), et qui est propre à être utilisée], mais pas une ancienne, [qui est muktzeh à cause de maus]. R. Shimon dit: Toutes les lampes peuvent être déplacées sauf une lampe qui brûle le Shabbath, [c'est-à-dire pendant qu'elle brûle encore—un décret de peur qu'il ne s'éteigne. Selon R. Shimon, il n'y a pas de muktzeh à cause d'un maus ou d'un muktzeh à cause d'une interdiction. La halakha n'est pas conforme à R. Shimon, qui permet de déplacer toutes les lampes sauf une lampe allumée (le jour du sabbat). Car une lampe allumée pour la nuit du sabbat, même si elle s'est éteinte, n'a pas le droit d'être déplacée pendant tout le sabbat. Car puisque c'est muktzeh ben hashmashoth, c'est muktzeh pour toute la journée. Mais avec d'autres lampes, la halakha est en accord avec lui, il n'y a pas de muktzeh pour Shabbath, mais muktzeh à cause de la perte monétaire, (une catégorie) que R. Shimon est d'accord (obtient)]. Il est permis de placer un récipient sous une lampe [le jour du sabbat] pour attraper des étincelles [de la flamme sortant de la lampe, afin que ce qui se trouve en dessous ne prenne pas feu. Car les étincelles sont sans substance, et le récipient n'est pas par là vidé de son utilisation désignée.], Et il ne peut y mettre de l'eau [même la veille du sabbat], car il «s'éteint» ainsi. [Nous décrétons (qu'il ne peut pas le faire) la veille du sabbat en raison du sabbat, quand, s'il le faisait, il serait responsable de l'extinction.]