Sotah 5

Chapitre 5

א כְּשֵׁם שֶׁהַמַּיִם בּוֹדְקִין אוֹתָהּ, כָּךְ הַמַּיִם בּוֹדְקִין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר (במדבר ה) וּבָאוּ, וּבָאוּ. כְּשֵׁם שֶׁאֲסוּרָה לַבַּעַל, כָּךְ אֲסוּרָה לַבּוֹעֵל, שֶׁנֶּאֱמַר (שם) נִטְמְאָה, וְנִטְמָאָה, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, כָּךְ הָיָה דוֹרֵשׁ זְכַרְיָה בֶן הַקַּצָּב. רַבִּי אוֹמֵר, שְׁנֵי פְעָמִים הָאֲמוּרִים בַּפָּרָשָׁה אִם נִטְמְאָה נִטְמָאָה, אֶחָד לַבַּעַל וְאֶחָד לַבּוֹעֵל:
1 Comme l’eau sert à éprouver la femme, elle éprouve aussi l’homme, puisque l’expression les eaux viendront (ibid.) est répétée deux fois. Comme la femme soupçonnée est désormais interdite au mari, elle l’est aussi pour son séducteur (après le décès du mari ou le divorce), parce que la Bible (ibid.) emploie deux fois l’expression elle est devenue impure (pour l’un et l’autre). Tel est l’avis de R. aqiba. R. Josua dit que Zakharia, fils du boucher, a adopté cette interprétation. Rabbi dit: on trouve deux fois dans le passage biblique l’expression devenue impure; la première se réfère au mari, la seconde au séducteur complice.
ב בּוֹ בַּיּוֹם דָּרַשׁ רַבִּי עֲקִיבָא, (ויקרא יא) וְכָל כְּלִי חֶרֶשׂ אֲשֶׁר יִפֹּל מֵהֶם אֶל תּוֹכוֹ כֹּל אֲשֶׁר בְּתוֹכוֹ יִטְמָא, אֵינוֹ אוֹמֵר טָמֵא אֶלָּא יִטְמָא, לְטַמֵּא אֲחֵרִים, לִמֵּד עַל כִּכָּר שֵׁנִי שֶׁמְּטַמֵּא אֶת הַשְּׁלִישִׁי. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, מִי יְגַלֶּה עָפָר מֵעֵינֶיךָ, רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, שֶׁהָיִיתָ אוֹמֵר, עָתִיד דּוֹר אַחֵר לְטַהֵר כִּכָּר שְׁלִישִׁי, שֶׁאֵין לוֹ מִקְרָא מִן הַתּוֹרָה שֶׁהוּא טָמֵא. וַהֲלֹא עֲקִיבָא תַּלְמִידְךָ מֵבִיא לוֹ מִקְרָא מִן הַתּוֹרָה שֶׁהוּא טָמֵא, שֶׁנֶּאֱמַר, כֹּל אֲשֶׁר בְּתוֹכוֹ יִטְמָא:
2 En ce même jour, R. aqiba a interprété le verset suivant (Lv 11, 33): Dans tout vase d’argile à l’intérieur duquel un ver sera tombé, tout ce qui se trouvera à l’intérieur deviendra impur. Or, il n’est pas dit “est impur”, mais “sera impur”, c’est-à-dire rendra d’autres objets impurs; et on apprend ainsi qu’un pain impur au second degré peut rendre impur un autre objet (liquide) au troisième degré. R. Josué s’écria: “Qui ôtera la poussière de tes yeux, ô R. Yohanan b. Zaccaï (puisses-tu ressusciter bientôt)! Tu avais prédit qu’une autre génération déclarera pur un pain devenu impur au troisième degré, parce qu’il n’y a pas de verset biblique qui le déclare impur; or, voici que ton disciple aqiba présente à l’appui de sa thèse ce verset de la Bible qui le déclare impur, en raison des mots: tout son contenu deviendra impur.”
ג בּוֹ בַיּוֹם דָּרַשׁ רַבִּי עֲקִיבָא (במדבר לה) וּמַדֹּתֶם מִחוּץ לָעִיר אֶת פְּאַת קֵדְמָה אַלְפַּיִם בָּאַמָּה וְגוֹ', וּמִקְרָא אַחֵר אוֹמֵר (שם) מִקִּיר הָעִיר וָחוּצָה אֶלֶף אַמָּה סָבִיב. אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר אֶלֶף אַמָּה, שֶׁכְּבָר נֶאֱמַר אַלְפַּיִם אַמָּה, וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר אַלְפַּיִם אַמָּה, שֶׁכְּבָר נֶאֱמַר אֶלֶף אַמָּה. הָא כֵיצַד, אֶלֶף אַמָּה מִגְרָשׁ, וְאַלְפַּיִם אַמָּה תְּחוּם שַׁבָּת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר, אֶלֶף אַמָּה מִגְרָשׁ, וְאַלְפַּיִם אַמָּה שָׂדוֹת וּכְרָמִים:
3 En ce même jour, R. aqiba a aussi interprété le verset suivant (Nb 35, 5): Vous mesurerez hors de la ville, au côté tourné vers l’Orient, un espace long de deux mille coudées, etc.; et au verset précédent il est dit: Depuis la muraille de la ville à l’extérieur, un circuit de mille coudées sera libre. Or, comment expliquer cette contradiction? On ne saurait admettre comme réel le chiffre de mille coudées, lorsqu’ensuite il est question de deux mille; et pourquoi deux mille, si d’autre part il est question de mille? En voici le sens: un espace de mille coudées doit rester libre comme refuge (pour l’homicide involontaire), et l’espace de deux mille coudées sert à indiquer quelle est la limite shabatique (des déplacements). R. Eléazar, fils de R. Yossé le Galiléen, dit: mille coudées servent de refuge libre, et dans les deux mille on cultive les champs et les vignes.
ד בּוֹ בַיּוֹם דָּרַשׁ רַבִּי עֲקִיבָא (שמות טו), אָז יָשִׁיר משֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשִּׁירָה הַזֹּאת לַה' וַיֹּאמְרוּ לֵאמֹר, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר לֵאמֹר, וּמַה תַּלְמוּד לוֹמַר לֵאמֹר, מְלַמֵּד שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל עוֹנִין אַחֲרָיו שֶׁל משֶׁה עַל כָּל דָּבָר וְדָבָר, כְּקוֹרִין אֶת הַהַלֵּל, לְכָךְ נֶאֱמַר לֵאמֹר. רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר, כְּקוֹרִין אֶת שְׁמַע וְלֹא כְקוֹרִין אֶת הַהַלֵּל:
4 En ce même jour, aqiba a encore expliqué ce verset (Ex 15, 1): Alors Moïse et les enfants entonnèrent ce cantique à l’Eternel et parlèrent, pour dire (lémor). La dernière expression, “pour dire” est inutile, et, pourtant elle a été exprimée, afin d’enseigner que les Israélites répétaient après Moïse chacune des paroles énoncées par lui: Je chanterai l’Eternel, puis: car il est très élevé, de la même façon que les fidèles répètent en chœur les verset du Hallel. Voilà le sens de l’expression “pour dire” (ou: redire). Selon R. Néhémie, on procédera comme pour la lecture du Shemâ (faite à haute voix en public), et non comme pour la lecture du Hallel (en chœur).
ה בּוֹ בַיּוֹם דָּרַשׁ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן הוּרְקְנוֹס, לֹא עָבַד אִיּוֹב אֶת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶלָּא מֵאַהֲבָה, שֶׁנֶּאֱמַר (איוב יג) הֵן יִקְטְלֵנִי לוֹ אֲיַחֵל. וַעֲדַיִן הַדָּבָר שָׁקוּל, לוֹ אֲנִי מְצַפֶּה אוֹ אֵינִי מְצַפֶּה, תַּלְמוּד לוֹמַר (שם כז) עַד אֶגְוָע לֹא אָסִיר תֻּמָּתִי מִמֶּנִּי, מְלַמֵּד שֶׁמֵּאַהֲבָה עָשָׂה. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, מִי יְגַלֶּה עָפָר מֵעֵינֶיךָ, רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, שֶׁהָיִיתָ דוֹרֵשׁ כָּל יָמֶיךָ שֶׁלֹּא עָבַד אִיּוֹב אֶת הַמָּקוֹם אֶלָּא מִיִּרְאָה, שֶׁנֶּאֱמַר (שם א) אִישׁ תָּם וְיָשָׁר יְרֵא אֱלֹהִים וְסָר מֵרָע, וַהֲלֹא יְהוֹשֻׁעַ תַּלְמִיד תַּלְמִידְךָ לִמֵּד שֶׁמֵּאַהֲבָה עָשָׂה:
5 En ce même jour, R. Josué b. Horkenos a exposé l’exégèse suivante. Job a servi exclusivement le très saint (béni soit-il) par amour, puisqu’il est dit (Jb13, 16): certes, si même il me tuait, j’espérerais en lui. Cependant, j’avais encore des doutes sur le point de savoir si cette phrase est affirmative ou interrogative, si ce dernier terme doit être traduit “j’espère”, ou “dois-je espérer?” Mais comme il est dit (ibid. 27, 16): Jusqu’à ce que j’espère, je ne veux pas enlever de moi ma droiture (confiance en lui), on reconnaît clairement que c’est un trait d’affection. R. Josué s’écria: “Qui enlèvera la poussière de tes yeux, ô R. Yohanan b. Zaccaï; toute ta vie, tu avais expliqué que Job a seulement servi l’Eternel par crainte, en te basant sur ce verset (Jb 1, 1): C’était un homme pieux et intègre, craignant l’Eternel et se détournant du mal. Or, maintenant Josué, un disciple de ton disciple, a enseigné que Job agit par amour de la Divinité.”