Guittin 7

Chapitre 7

א מִי שֶׁאֲחָזוֹ קֻרְדְּיָקוֹס, וְאָמַר, כִּתְבוּ גֵט לְאִשְׁתִּי, לֹא אָמַר כְּלוּם. אָמַר, כִּתְבוּ גֵט לְאִשְׁתִּי, וַאֲחָזוֹ קֻרְדְּיָקוֹס, וְחָזַר וְאָמַר, אַל תִּכְתֹּבוּ, אֵין דְּבָרָיו הָאַחֲרוֹנִים כְּלוּם. נִשְׁתַּתֵּק, וְאָמְרוּ לוֹ נִכְתֹּב גֵּט לְאִשְׁתֶּךָ, וְהִרְכִּין בְּרֹאשׁוֹ, בּוֹדְקִין אוֹתוֹ שְׁלֹשָׁה פְעָמִים, אִם אָמַר עַל לָאו לָאו וְעַל הֵן הֵן, הֲרֵי אֵלּוּ יִכְתְּבוּ וְיִתֵּנוּ:
1 Si quelqu’un, saisi d’une malade grave (cardiacus), dit d’écrire le divorce à sa femme, c’est comme s’il n’avait rien dit (l’acte est nul). Mais si après avoir donné cet ordre il est atteint du mal, puis revenant sur son premier ordre il dit de ne plus l’écrire, on ne tiendra pas compte de ce dernier ordre. On demande au mari devenu muet s’il faut écrire le divorce à sa femme; s’il incline de la tête en signe d’assentiment, on l’examinera, en répétant 3 fois la même question: s’il répond non sur non, oui sur oui (que c’est bien entendu), on écrira l’acte et le remettra.
ב אָמְרוּ לוֹ, נִכְתֹּב גֵּט לְאִשְׁתֶּךָ, וְאָמַר לָהֶם כְּתֹבוּ, אָמְרוּ לַסּוֹפֵר וְכָתַב, וְלָעֵדִים וְחָתְמוּ, אַף עַל פִּי שֶׁכְּתָבוּהוּ וַחֲתָמוּהוּ וּנְתָנוּהוּ לוֹ וְחָזַר וּנְתָנוֹ לָהּ, הֲרֵי הַגֵּט בָּטֵל, עַד שֶׁיֹּאמַר לַסּוֹפֵר כְּתֹב וְלָעֵדִים חֲתֹמוּ:
2 Lorsqu’on demande à un homme en danger s’il faut écrire le divorce à sa femme, et qu’il répond: oui, puis les assistants donnent l’ordre à l’écrivain d’écrire l’acte et aux témoins de le signer, ce qui a été fait, bien qu’après l’avoir écrit et signé on ait remis l’acte à l’homme, lequel à son tour l’a remis à la femme, l’acte sera nul: il faut que le mari ait donné lui-même les divers ordres.
ג זֶה גִטֵּךְ אִם מַתִּי, זֶה גִטֵּךְ אִם מַתִּי מֵחֹלִי זֶה, זֶה גִטֵּךְ לְאַחַר מִיתָה, לֹא אָמַר כְּלוּם. מֵהַיּוֹם אִם מַתִּי, מֵעַכְשָׁיו אִם מַתִּי, הֲרֵי זֶה גֵט. מֵהַיּוֹם וּלְאַחַר מִיתָה, גֵּט וְאֵינוֹ גֵט. אִם מֵת, חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַבֶּמֶת. זֶה גִטֵּךְ מֵהַיּוֹם אִם מַתִּי מֵחֹלִי זֶה, וְעָמַד וְהִלֵךְ בַּשּׁוּק וְחָלָה וּמֵת, אוֹמְדִין אוֹתוֹ, אִם מֵחֲמַת חֹלִי הָרִאשׁוֹן מֵת, הֲרֵי זֶה גֵט. וְאִם לָאו, אֵינוֹ גֵט:
3 Si un mari dit à sa femme: “ceci sera l’acte de ton divorce si je meurs”, ou “ceci sera ton divorce si je meurs de ma maladie actuelle”, ou “ceci sera ton divorce valable après mon décès”, c’est somme s’il n’avait rien dit. Mais s’il dit: “qu’à partir d’aujourd’hui l’acte ait cette valeur si je meurs”, ou “à partir d’à présent si je meurs”, ce sera un acte valable. S’il dit: “à partir de ce jour et après ma mort”, l’acte sera à la fois valable et non valable; aussi, après le décès du mari ses enfants, la veuve devra déchausser le beau-frère, non l’épouser. Si le mari dit: “voici ton divorce à partir de ce jour si je meurs de mon mal actuel”, puis il se rétablit et sort, ensuite il retombe malade et meurt; on devra examiner si le décès a pour cause la 1re maladie, alors l’acte est valable; au cas contraire, l’acte est nul.
ד לֹא תִתְיַחֵד עִמּוֹ אֶלָּא בִפְנֵי עֵדִים, אֲפִלּוּ עֶבֶד, אֲפִלּוּ שִׁפְחָה, חוּץ מִשִּׁפְחָתָהּ, מִפְּנֵי שֶׁלִּבָּהּ גַּס בָּהּ בְּשִׁפְחָתָהּ. מַה הִיא בְאוֹתָן הַיָּמִים. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, כְּאֵשֶׁת אִישׁ לְכָל דְּבָרֶיהָ. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, מְגֹרֶשֶׁת וְאֵינָהּ מְגֹרָשֶׁת:
4 Une femme (dont la répudiation est conditionnelle) ne devra pas rester seule avec son mari, sauf en présence de témoins, fut-ce un esclave ou une servante, excepté la servante de la femme, parce qu’il est notoire qu’elle se fie à elle. Comment est-elle considérée dans l’intervalle de temps entre l’énoncé du divorce conditionnel et le décès du mari? Selon R. Juda, elle sera considérée en tout comme femme mariée; selon R. Yossé, elle est à la fois répudiée et non répudiée.
ה הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ עַל מְנָת שֶׁתִּתְּנִי לִי מָאתַיִם זוּז, הֲרֵי זוֹ מְגֹרֶשֶׁת, וְתִתֵּן. עַל מְנָת שֶׁתִּתְּנִי לִי מִכָּאן וְעַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, אִם נָתְנָה לוֹ בְתוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם, מְגֹרֶשֶׁת, וְאִם לָאו, אֵינָה מְגֹרֶשֶׁת. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, מַעֲשֶׂה בְצַיְדָּן בְּאֶחָד שֶׁאָמַר לְאִשְׁתּוֹ, הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ עַל מְנָת שֶׁתִּתְּנִי לִי אִצְטְלִיתִי, וְאָבְדָה אִצְטְלִיתוֹ, וְאָמְרוּ חֲכָמִים, תִּתֵּן לוֹ אֶת דָּמֶיהָ:
5 Si le mari dit à la femme: “Voici ton acte de divorce, à la condition de me donner 200 zouz”, elle sera tenue pour répudiée dès l’acceptation, et dès lors elle doit ladite somme à son mari. Si le mari établit la condition qu’elle lui remette cette somme à partir d’à présent jusqu’à 30 jours de là, au cas où elle lui remet ladite somme dans les 30 jours, la femme sera déclarée répudiée; au cas contraire, elle ne le sera pas. R. Simon b. Gamliel raconte qu’à Sidon il arriva à quelqu’un de dire à sa femme: “voici ton acte de divorce, à condition de me remettre ton vêtement (stola) de luxe”; comme elle l’avait perdu, la condition était irréalisable, et l’acte nul. Selon les autres sages, il suffit à la femme de remettre le montant du vêtement au mari, pour valider l’acte.
ו הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ עַל מְנָת שֶׁתְּשַׁמְּשִׁי אֶת אַבָּא, עַל מְנָת שֶׁתֵּנִיקִי אֶת בְּנִי, כַּמָּה הִיא מֵנִיקָתוֹ, שְׁתֵּי שָׁנִים. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, שְׁמֹנָה עָשָׂר חֹדֶשׁ. מֵת הַבֵּן אוֹ שֶׁמֵּת הָאָב, הֲרֵי זֶה גֵט. הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ עַל מְנָת שֶׁתְּשַׁמְּשִׁי אֶת אַבָּא שְׁתֵּי שָׁנִים, עַל מְנָת שֶׁתֵּנִיקִי אֶת בְּנִי שְׁתֵּי שָׁנִים, מֵת הַבֵּן אוֹ שֶׁמֵּת הָאָב אוֹ שֶׁאָמַר הָאָב אִי אֶפְשִׁי שֶׁתְּשַׁמְּשֵׁנִי, שֶׁלֹּא בְהַקְפָּדָה, אֵינוֹ גֵט. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, כָּזֶה גֵט. כְּלָל אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, כָּל עַכָּבָה שֶׁאֵינָהּ הֵימֶנָּה, הֲרֵי זֶה גֵט:
6 Si le mari a dit: “voici ton divorce, à la condition de servir mon père, ou d’allaiter mon fils” (sans durée déterminée), quelle sera la durée de l’allaitement (ou du service, sous peine d’annulation de la condition)? Deux ans. Selon R. Juda, 18 mois. Si le fils ou le père meurt (avant l’exécution de la condition), l’acte reste valable. Si le mari dit: “voici ton acte de divorce, à la condition de servir mon père 2 ans, ou d’allaiter mon fils 2 ans”, et qu’ensuite le fils meurt, ou le père déclare ne pas vouloir être servi par elle, lors même qu’elle n’a pas provoqué ce refus en irritant le père, l’acte devient nul; selon R. Simon b. Gamliel, il reste valable. R. Simon b. Gamliel établit cette règle: pour tout obstacle qui n’émane pas de la femme, l’acte reste valable.
ז הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ אִם לֹא בָאתִי מִכָּאן וְעַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, וְהָיָה הוֹלֵךְ מִיהוּדָה לַגָּלִיל, הִגִּיעַ לְאַנְטִיפַּטְרֶס וְחָזַר, בָּטֵל תְּנָאוֹ. הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ אִם לֹא בָאתִי מִכָּאן עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, וְהָיָה הוֹלֵךְ מִגָּלִיל לִיהוּדָה, וְהִגִּיעַ לִכְפַר עוֹתְנַאי וְחָזַר, בָּטֵל תְּנָאוֹ. הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ אִם לֹא בָאתִי מִכָּאן עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, וְהָיָה הוֹלֵךְ לִמְדִינַת הַיָּם וְהִגִּיעַ לְעַכּוֹ וְחָזַר, בָּטֵל תְּנָאוֹ. הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ כָּל זְמַן שֶׁאֶעֱבֹר מִכְּנֶגֶד פָּנַיִךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם, הָיָה הוֹלֵךְ וּבָא, הוֹלֵךְ וּבָא, הוֹאִיל וְלֹא נִתְיַחֵד עִמָּהּ, הֲרֵי זֶה גֵט:
7 S’il dit: “Voici ton divorce si je ne suis pas revenu”, et qu’allant de Judée en Galilée il s’arrête à Antipatris (limite de Judée) et revient, les conditions ne sont pas remplies, et l‘acte est nul. Il en est de même s’il remet l’acte, en le subordonnant à la condition d’être revenu de voyage d’ici à 30 jours, et qu’allant de Judée en Galilée il s’arrête à Othnaï (limite de la Galilée); ou encore s’il le remet à condition du retour d’ici à 30 jours d’un voyage d’outre-mer, et arrivé à Acco (le port palestinien) il retourne chez lui: les conditions énoncées n’ont pas été remplies. S’il dit: “Voici ton divorce après que j’aurai passé devant ta face pendant 30 jours”, et qu’en ce temps il sera toujours allé et venu, à condition de ne pas s’être isolé avec elle, l’acte sera valable.
ח הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ אִם לֹא בָאתִי מִכָּאן וְעַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, וּמֵת בְּתוֹךְ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, אֵינוֹ גֵט. הֲרֵי זֶה גִטֵּךְ מֵעַכְשָׁיו אִם לֹא בָאתִי מִכָּאן וְעַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, וּמֵת בְּתוֹךְ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, הֲרֵי זֶה גֵט:
8 S’il dit: “Voici ton divorce, si d’ici à un an je ne revient pas”, et dans l’intervalle de temps il meurt, l’acte sera nul (pour défaut de condition). S’il dit: “Voici ton divorce dès à présent, si je ne reviens pas d’ici un an”, et avant ce délai il meurt, l’acte est valable (ayant été établi pour valoir de suite).
ט אִם לֹא בָאתִי מִכָּאן עַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ כִּתְבוּ וּתְנוּ גֵט לְאִשְׁתִּי, כָּתְבוּ גֵט בְּתוֹךְ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ וְנָתְנוּ לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, אֵינוֹ גֵט. כִּתְבוּ וּתְנוּ גֵט לְאִשְׁתִּי אִם לֹא בָאתִי מִכָּאן וְעַד שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, כָּתְבוּ בְתוֹךְ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ וְנָתְנוּ לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, אֵינוֹ גֵט. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, כָּזֶה גֵּט. כָּתְבוּ לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ וְנָתְנוּ לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ וּמֵת, אִם הַגֵּט קָדַם לַמִּיתָה, הֲרֵי זֶה גֵט. וְאִם מִיתָה קָדְמָה לַגֵּט, אֵינוֹ גֵט. וְאִם אֵין יָדוּעַ, זוֹ הִיא שֶׁאָמְרוּ, מְגֹרֶשֶׁת וְאֵינָהּ מְגֹרָשֶׁת:
9 S’il dit: “Au cas où je ne reviens pas d’ici à un an, écrivez un acte de divorce à ma femme et donnez-le-lui”, puis on l’a écrit pendant cet intervalle de temps, et on l’a remis après ce temps écoulé, l’acte est nul (pour avoir été écrit trop tôt). Mais s'il a dit (d’abord): “Ecrivez l’acte de divorce à ma femme et donnez-le-lui si je ne reviens pas d’ici à un an”, puis on l’a écrit pendant cet intervalle de temps, et on l’a remis après ce délai, R. Yossé le déclare valable. Si l’on a écrit après l’an écoulé et l’on a remis l’acte après, puis l’on apprend le décès du mari, si la remise de l’acte a précédé le décès, l’acte est valable; si le décès a précédé, l’acte est nul. En cas de doute, on appliquera à la femme la règle de celle qui est répudiée dans l’être.