Bikkurim 1

Chapitre 1

א יֵשׁ מְבִיאִין בִּכּוּרִים וְקוֹרִין, מְבִיאִין וְלֹא קוֹרִין, וְיֵשׁ שֶׁאֵינָן מְבִיאִין. אֵלּוּ שֶׁאֵינָן מְבִיאִין, הַנּוֹטֵעַ לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ וְהִבְרִיךְ לְתוֹךְ שֶׁל יָחִיד אוֹ שֶׁל רַבִּים, וְכֵן הַמַּבְרִיךְ מִתּוֹךְ שֶׁל יָחִיד אוֹ מִתּוֹךְ שֶׁל רַבִּים לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ. הַנּוֹטֵעַ לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ וְהִבְרִיךְ לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ, וְדֶרֶךְ הַיָּחִיד וְדֶרֶךְ הָרַבִּים בָּאֶמְצַע, הֲרֵי זֶה אֵינוֹ מֵבִיא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, כָּזֶה מֵבִיא:
1 Les uns, en apportant les prémices, lisent le passage biblique qui s’y rapporte (Dt 26, 3-10); d’autre les apportent, sans rien réciter; enfin il en est qui ne les apportent même pas. Voici quels sont ces derniers: Celui qui plante de la vigne dans son terrain et la provigne dans le chemin d’un particulier ou sur la voie publique; de même, celui qui détournant une branche d’un cep situé chez un particulier, ou sur la voie publique, la provigne sur son terrain; ou encore, celui qui ayant planté la vigne sur son propre terrain la provigne sur un autre terrain de sa propriété, séparé du premier par un chemin particulier ou public: en tous ces cas, on n’offre pas les prémices. Selon R. Juda, il faut les offrir même en ces cas.
ב מֵאֵיזֶה טַעַם אֵינוֹ מֵבִיא, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר, רֵאשִׁית בִּכּוּרֵי אַדְמָתְךָ (שמות כג), עַד שֶׁיְּהוּ כָל הַגִּדּוּלִין מֵאַדְמָתְךָ. הָאֲרִיסִין וְהֶחָכוֹרוֹת וְהַסִּקָּרִיקוֹן וְהַגַּזְלָן, אֵין מְבִיאִין מֵאוֹתוֹ הַטַּעַם, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר, רֵאשִׁית בִּכּוּרֵי אַדְמָתְךָ:
2 Pour quel motif n’offre-t-on pas les prémices en ces cas? Parce qu’il est écrit (Ex 23, 19): les prémices des premiers fruits de ton sol et (Ex 34, 26); c.-à-d. il faut que la croissance entière ait eu lieu sur son sol. Pour la même raison, les fermiers qui prennent le champ à raison d’une part du revenu, ou ceux qui se chargent de la cultiver à gage fixe, ou celui qui s’en est emparé sous la menace de mort, ou le brigand, n‘en offrent pas les prémices, conformément au verset précité.
ג אֵין מְבִיאִין בִּכּוּרִים חוּץ מִשִּׁבְעַת הַמִּינִים. לֹא מִתְּמָרִים שֶׁבֶּהָרִים, וְלֹא מִפֵּרוֹת שֶׁבָּעֲמָקִים, וְלֹא מִזֵּיתֵי שֶׁמֶן שֶׁאֵינָם מִן הַמֻּבְחָר. אֵין מְבִיאִין בִּכּוּרִים קֹדֶם לָעֲצֶרֶת. אַנְשֵׁי הַר צְבוֹעִים הֵבִיאוּ בִכּוּרֵיהֶם קֹדֶם לָעֲצֶרֶת, וְלֹא קִבְּלוּ מֵהֶם, מִפְּנֵי הַכָּתוּב שֶׁבַּתּוֹרָה (שמות כג) וְחַג הַקָּצִיר בִּכּוּרֵי מַעֲשֶׂיךָ אֲשֶׁר תִּזְרַע בַּשָּׂדֶה:
3 On n’offre les prémices que pour les 7 espèces privilégiées de la Palestine, ni des dattes des montagnes, ni des fruits des vallées, ni des olives qui ne sont pas de premier choix. On n’offre pas de prémices au Temple avant la Pentecôte. Aussi, l’on n’accueillit pas les prémices apportées à Jérusalem par les habitants de Har-Céboïm avant la Pentecôte, parce que c’est contraire à ce verset de l’Exode (Ex 23, 16): La fête de la moisson, pour les prémices de tes travaux agricoles, de ce que tu as semé au champ.
ד אֵלּוּ מְבִיאִין וְלֹא קוֹרִין, הַגֵּר מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא, שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לוֹמַר אֲשֶׁר נִשְׁבַּע ה' לַאֲבוֹתֵינוּ לָתֵת לָנוּ (דברים כו). וְאִם הָיְתָה אִמּוֹ מִיִּשְׂרָאֵל, מֵבִיא וְקוֹרֵא. וּכְשֶׁהוּא מִתְפַּלֵּל בֵּינוֹ לְבֵין עַצְמוֹ, אוֹמֵר, אֱלֹהֵי אֲבוֹת יִשְׂרָאֵל. וּכְשֶׁהוּא בְבֵית הַכְּנֶסֶת, אוֹמֵר, אֱלֹהֵי אֲבוֹתֵיכֶם. וְאִם הָיְתָה אִמּוֹ מִיִּשְׂרָאֵל, אוֹמֵר, אֱלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ:
4 Les suivants offrent les prémices sans réciter la formule d’usage: le prosélyte, ne pouvant dire les mots: “Que l’Eternel a juré à nos ancêtres de nous donner”, (puisque ses ancêtres n’étaient pas juifs). Lorsque sa mère était une juive, il peut réciter cette formule en apportant l’offrande. De même, si en disant la prière il est seul, il dira: “Dieu des ancêtres d’Israël”. Dans la synagogue, il dira: “Dieu de vos pères”; mais si sa mère avait été juive, il dira: “Dieu de nos ancêtres”.
ה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר, אִשָּׁה בַת גֵּרִים לֹא תִנָּשֵׂא לַכְּהֻנָּה, עַד שֶׁתְּהֵא אִמָּהּ מִיִּשְׂרָאֵל. אֶחָד גֵּרִים וְאֶחָד עֲבָדִים מְשֻׁחְרָרִים, וַאֲפִלּוּ עַד עֲשָׂרָה דוֹרוֹת, עַד שֶׁתְּהֵא אִמָּן מִיִּשְׂרָאֵל. הָאַפּוֹטְרוֹפּוֹס וְהַשָּׁלִיחַ וְהָעֶבֶד וְהָאִשָּׁה וְטֻמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס, מְבִיאִין וְלֹא קוֹרִין, שֶׁאֵינָן יְכוֹלִין לוֹמַר (דברים כו) אֲשֶׁר נָתַתָּה לִּי ה':
5 R. Eliézer b. Jacob dit: une femme qui est fille de prosélyte ne doit pas être épousée par un cohen, à moins que la mère fut juive; peu importe qu’elle soit fille de prosélyte, ou d’esclave affranchi, jusqu’à la dixième génération, on ne doit pas l’épouser, à moins que sa mère ait été juive. Le tuteur des mineurs, epitropo", l’envoyé ou représentant, l’esclave, la femme, l’hermaphrodite atmhto" et l’androgyne, offrent les prémices sans les accompagner de la lecture traditionnelle, puisqu’ils ne peuvent pas dire les mots: “que tu m’as donné à moi, ô Eternel”.
ו הַקּוֹנֶה שְׁתֵּי אִילָנוֹת בְּתוֹךְ שֶׁל חֲבֵרוֹ, מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, מֵבִיא וְקוֹרֵא. יָבַשׁ הַמַּעְיָן, נִקְצַץ הָאִילָן, מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, מֵבִיא וְקוֹרֵא. מֵעֲצֶרֶת וְעַד הֶחָג, מֵבִיא וְקוֹרֵא. מִן הֶחָג וְעַד חֲנֻכָּה, מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא. רַבִּי יְהוּדָה בֶן בְּתֵירָא אוֹמֵר, מֵבִיא וְקוֹרֵא:
6 Si l’on achète 2 arbres du chemin de son voisin, on offre les prémices sans procéder à la lecture officielle; selon R. Meir, on fait cette récitation. Lorsque la source dont cet arbre vivait s’est desséchée, ou si l’arbre a été coupé (de sorte qu’il n’y a plus de sol vivifiant), on offre les prémices sans procéder à la lecture; selon R. Juda, on fait cette lecture. Dans l’intervalle de temps entre la Pentecôte et la fête des tabernacles, on lit le passage en les offrant. A partir de cette dernière date jusqu’à la fête de Hanuka (ou des Macchabées), on ne lit plus en les offrant (la période de la joie des moissons étant depuis longtemps écoulée). Selon R. Juda ben Bethera, on procède encore à cette lecture.
ז הִפְרִישׁ בִּכּוּרָיו וּמָכַר שָׂדֵהוּ, מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא. וְהַשֵּׁנִי, מֵאוֹתוֹ הַמִּין אֵינוֹ מֵבִיא, מִמִּין אַחֵר, מֵבִיא וְקוֹרֵא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אַף מֵאוֹתוֹ הַמִּין מֵבִיא וְקוֹרֵא:
7 Si après avoir prélevé les prémices on vend son champ, on les offre encore, mais sans réciter la formule; et l’acquéreur ne pouvant pas offrir des mêmes produits (déjà présentés par le 1er propriétaire) en offrira d’une autre sorte, mais sans la lecture (faute d’avoir possédé le sol). Selon R. Juda, on peut offrir de la même espèce et procéder à la lecture officielle (la même formule pouvant être dite par deux personnes).
ח הִפְרִישׁ בִּכּוּרָיו, נִבְזְזוּ, נָמַקּוּ, נִגְנְבוּ, אָבְדוּ, אוֹ שֶׁנִּטְמְאוּ, מֵבִיא אֲחֵרִים תַּחְתֵּיהֶם וְאֵינוֹ קוֹרֵא. וְהַשְּׁנִיִּים אֵינָם חַיָּבִים עֲלֵיהֶם חֹמֶשׁ. נִטְמְאוּ בָעֲזָרָה, נוֹפֵץ וְאֵינוֹ קוֹרֵא:
8 Si après le prélèvement des premiers ils ont été enlevés, ou pourris, ou volés, ou perdus, ou devenus impurs, il faut en apporter d’autres en remplacement, mais sans dire la lecture officielle (puisque ce ne sont plus les premiers fruits). Pour ces seconds fruits offerts, l’étranger qui en mangerait ne serait pas tenu de payer un 5e supplémentaire. S’ils sont devenus impurs au parvis du Temple (une fois apportés), on vide simplement le panier, sans procéder à la lecture (sans en apporter à nouveau en échange des premiers).
ט וּמִנַּיִן שֶׁהוּא חַיָּב בְּאַחֲרָיוּתָן עַד שֶׁיָּבִיא לְהַר הַבַּיִת, שֶׁנֶּאֱמַר (שמות כג) רֵאשִׁית בִּכּוּרֵי אַדְמָתְךָ תָּבִיא בֵּית ה' אֱלֹהֶיךָ, מְלַמֵּד שֶׁחַיָּב בְּאַחֲרָיוּתָם עַד שֶׁיָּבִיא לְהַר הַבָּיִת. הֲרֵי שֶׁהֵבִיא מִמִּין אֶחָד וְקָרָא, וְחָזַר וְהֵבִיא מִמִּין אַחֵר, אֵינוֹ קוֹרֵא:
9 D’où sait-on qu’il faut remplacer les prémices non parvenues au temple? De ce qu’il est dit (Ex 23, 19): Tu apporteras à la maison de l’Eternel ton Dieu les premiers fruits de ta terre; donc, jusqu’au moment de leur arrivée, on en est responsable. –Lorsque quelqu’un, ayant offert d’une espèce, en faisant la lecture, offre ensuite d’une autre espèce, il ne devra plus procéder à la lecture une seconde fois.
י וְאֵלּוּ מְבִיאִין וְקוֹרִין, מִן הָעֲצֶרֶת וְעַד הֶחָג, מִשִּׁבְעַת הַמִּינִים, מִפֵּרוֹת שֶׁבֶּהָרִים, מִתְּמָרוֹת שֶׁבָּעֲמָקִים, וּמִזֵּיתֵי שֶׁמֶן, מֵעֵבֶר הַיַּרְדֵּן. רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר, אֵין מְבִיאִין בִּכּוּרִים מֵעֵבֶר הַיַּרְדֵּן, שֶׁאֵינָהּ אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ:
10 En offrant les prémices, on procède à la lecture officielle, si c’est entre la fête de Pentecôte et celle des Tabernacles, et que l’on présente, soit l’une des 7 espèces, soit des fruits de la montagne (supérieurs), ou des dattes de vallée, ou des olives juteuses de l’autre côté du Jourdain (à l’Est de la Palestine). Selon R. Yossé le galiléen, on n’offre pas les prémices de l’autre côté du Jourdain, parce que ce n’est pas “un pays où coule le lait et le miel) (mots contenus dans la formule de récitation).
יא הַקּוֹנֶה שְׁלֹשָׁה אִילָנוֹת בְּתוֹךְ שֶׁל חֲבֵרוֹ, מֵבִיא וְקוֹרֵא. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, אֲפִלּוּ שְׁנָיִם. קָנָה אִילָן וְקַרְקָעוֹ, מֵבִיא וְקוֹרֵא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אַף בַּעֲלֵי אֲרִיסוּת וְחָכוֹרוֹת, מְבִיאִין וְקוֹרִין:
11 Si quelqu’un achète 3 arbres dans la propriété d’autrui, il offrira les prémices et fera la lecture officielle; selon R. Meir, il lira également en n’achetant que 2 arbres (comme il est dit en (1,6)). Si l’on a acquis un arbre avec le sol qui le nourrit, on en apporte les prémices et l’on fait la lecture. Selon R. Juda, même les fermiers à gage fixe, ou à gage proportionnel du revenu, font la lecture en offrant les prémices.