Shevouot 5

Chapitre 5

א שְׁבוּעַת הַפִּקָּדוֹן נוֹהֶגֶת בַּאֲנָשִׁים וּבְנָשִׁים, בִּרְחוֹקִים וּבִקְרוֹבִים, בִּכְשֵׁרִים וּבִפְסוּלִים, בִּפְנֵי בֵית דִּין וְשֶׁלֹּא בִּפְנֵי בֵית דִּין, מִפִּי עַצְמוֹ. וּמִפִּי אֲחֵרִים, אֵינוֹ חַיָּב עַד שֶׁיִּכְפֹּר בּוֹ בְּבֵית דִּין, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, בֵּין מִפִּי עַצְמוֹ בֵּין מִפִּי אֲחֵרִים, כֵּיוָן שֶׁכָּפַר בּוֹ, חַיָּב. וְחַיָּב עַל זְדוֹן הַשְּׁבוּעָה וְעַל שִׁגְגָתָהּ עִם זְדוֹן הַפִּקָּדוֹן, וְאֵינוֹ חַיָּב עַל שִׁגְגָתָהּ. וּמַה חַיָּב עַל זְדוֹנָהּ, אָשָׁם בְּכֶסֶף שְׁקָלִים:
1 Le serment relatif aux dépôt a lieu pour les hommes et les femmes, pour les parents du demandeur et pour ceux qui ne le sont pas, par devant le tribunal ou en dehors, mais seulement si le serment émane de la bouche même de celui qui le prête, non s’il est émis par d’autres; en ce cas, il est seulement coupable s’il le nie devant le tribunal. Tel est l’avis de R. Meir; selon les autres sages, soit que le serment émane de la bouche même de celui qui le prête, soit que d’autres l’émettent, celui qui le nie est aussitôt coupable. On est coupable d’avoir émis volontairement un faux serment, même en ignorant quelle est la pénalité, si l’on a conscience du mensonge au sujet d’un dépôt, mais on n’est pas coupable si ce dernier fait aussi a eu lieu par erreur. Pour le faux serment volontaire, la culpabilité entraîne l’obligation d’un sacrifice de péché valant deux sicles d’argent.
ב שְׁבוּעַת הַפִּקָּדוֹן כֵּיצַד. אָמַר לוֹ, תֶּן לִי פִקְדוֹנִי שֶׁיֵּשׁ לִי בְיָדֶךָ, שְׁבוּעָה שֶׁאֵין לְךָ בְיָדִי, אוֹ שֶׁאָמַר לוֹ אֵין לְךָ בְיָדִי, מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, הֲרֵי זֶה חַיָּב. הִשְׁבִּיעַ עָלָיו חֲמִשָּׁה פְעָמִים, בֵּין בִּפְנֵי בֵית דִּין וּבֵין שֶׁלֹּא בִּפְנֵי בֵית דִּין, וְכָפַר, חַיָּב עַל כָּל אַחַת וְאֶחָת. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן, מַה טַּעַם, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לַחֲזֹר וּלְהוֹדוֹת:
2 Le serment pour dépôt confié a lieu au cas suivant: quelqu’un dit à autrui: “Rends-moi le dépôt que tu as de moi en mains”; et l’autre répond: “Je jure que tu n’as rien chez moi, ou (simplement): tu n’as rien chez moi”; sur quoi le demandeur dit: “Je te conjure”, et le défendeur l’accepte en disant: Amen; celui-ci est coupable (en cas de faux). S’il l’a conjuré 5 fois, par devant le tribunal ou en dehors, et l’interpellé nie devoir, celui-ci est coupable autant de fois qu’il y a eu d’objurgations. R. Simon en donne la raison, c’est qu’à chaque objurgation l’interpellé pourrait avouer.
ג הָיוּ חֲמִשָּׁה תוֹבְעִין אוֹתוֹ, אָמְרוּ לוֹ תֶּן לָנוּ פִקָּדוֹן שֶׁיֵּשׁ לָנוּ בְיָדֶךָ, שְׁבוּעָה שֶׁאֵין לָכֶם בְּיָדִי, אֵינוֹ חַיָּב אֶלָּא אַחַת. שְׁבוּעָה שֶׁאֵין לְךָ בְיָדִי וְלֹא לְךָ וְלֹא לְךָ, חַיָּב עַל כָּל אַחַת וְאֶחָת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, עַד שֶׁיֹּאמַר שְׁבוּעָה בָאַחֲרוֹנָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, עַד שֶׁיֹּאמַר שְׁבוּעָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד. תֶּן לִי פִקָּדוֹן וּתְשׂוּמֶת יָד גָּזֵל וַאֲבֵדָה שֶׁיֵּשׁ לִי בְיָדֶךָ, שְׁבוּעָה שֶׁאֵין לְךָ בְיָדִי, אֵינוֹ חַיָּב אֶלָּא אַחַת. שְׁבוּעָה שֶׁאֵין לְךָ בְיָדִי פִקָּדוֹן וּתְשׂוּמֶת יָד וְגָזֵל וַאֲבֵדָה, חַיָּב עַל כָּל אַחַת וְאֶחָת. תֶּן לִי חִטִּין וּשְׂעֹרִין וְכֻסְּמִין שֶׁיֵּשׁ לִי בְיָדֶךָ, שְׁבוּעָה שֶׁאֵין לְךָ בְיָדִי, אֵינוֹ חַיָּב אֶלָּא אַחַת. שְׁבוּעָה שֶׁאֵין לְךָ בְיָדִי חִטִּין וּשְׂעֹרִין וְכֻסְּמִים, חַיָּב עַל כָּל אַחַת וְאֶחָת. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, אֲפִלּוּ אָמַר חִטָּה וּשְׂעֹרָה וְכֻסֶּמֶת, חַיָּב עַל כָּל אַחַת וְאֶחָת:
3 Lorsque cinq personnes réclament à quelqu’un un dépôt qu’elles prétendent lui avoir confié, et le défendeur répond qu’il jure ne pas en avoir à elles, il n’est qu’une fois coupable (en cas de faux); mais s’il répond qu’il jure n’avoir en main “ni à toi, ni à toi, etc.” (à chaque personne), il est coupable autant de fois qu’il s’adresse à chacun. Selon R. Eliézer, il est autant de fois coupable, lorsque le mot “serment” se trouve à la fin de son expression (répétée cinq fois); selon R. Simon, il faudra (pour cette culpabilité renouvelée) qu’il y ait eu répétition du mot serment à chaque personne (et pas seulement à la fin de l’ensemble). Si quelqu’un dit à l’autre: “donne-moi le froment, l’orge et l’épeautre que j’ai chez toi”, et l’autre nie par serment l’avoir chez lui, celui-ci ne sera qu’une fois coupable pour faux serment (le cas échéant); mais si ce dernier dit: “Je jure n’avoir à toi ni froment, ni orge, ni épeautre”, il est coupable pour chaque assertion (3 fois). R. Meir dit: Si même la demande du blé comporte le singulier, le dépositaire est plusieurs fois coupable.
ד אָנַסְתָּ וּפִתִּיתָ אֶת בִּתִּי, וְהוּא אוֹמֵר לֹא אָנַסְתִּי וְלֹא פִתִּיתִי. מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, חַיָּב. רַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר, שֶׁאֵינוֹ מְשַׁלֵּם קְנָס עַל פִּי עַצְמוֹ. אָמְרוּ לוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מְשַׁלֵּם קְנָס עַל פִּי עַצְמוֹ, מְשַׁלֵּם בּשֶׁת וּפְגָם עַל פִּי עַצְמוֹ:
4 Quelqu’un dit à un autre: “tu as violé ou séduit ma fille”, et celui-ci affirme que ce n’est pas; sur quoi le premier dit: “Je te conjure”, et l’autre réplique: Amen; ce dernier est coupable. R. Simon le déclare absous, car si l’accusé avait avoué un tel fait, il eût échappé à l’amende. On lui répliqua: il est bien vrai que, par son propre aveu, l’accusé eût évité de payer l’amende, mais il devrait payer toutefois à la jeune fille pour la honte et le dommage causés.
ה גָּנַבְתָּ אֶת שׁוֹרִי, וְהוּא אוֹמֵר לֹא גָנַבְתִּי, מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, חַיָּב. גָּנַבְתִּי אֲבָל לֹא טָבַחְתִּי וְלֹא מָכָרְתִּי, מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, פָּטוּר. הֵמִית שׁוֹרְךָ אֶת שׁוֹרִי, וְהוּא אוֹמֵר לֹא הֵמִית, מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, חַיָּב. הֵמִית שׁוֹרְךָ אֶת עַבְדִּי, וְהוּא אוֹמֵר לֹא הֵמִית, מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, פָּטוּר. אָמַר לוֹ, חָבַלְתָּ בִי וְעָשִׂיתָ בִּי חַבּוּרָה, וְהוּא אוֹמֵר לֹא חָבַלְתִּי וְלֹא עָשִׂיתִי בְךָ חַבּוּרָה, מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, חַיָּב. אָמַר לוֹ עַבְדּוֹ, הִפַּלְתָּ אֶת שִׁנִּי וְסִמִּיתָ אֶת עֵינִי, וְהוּא אוֹמֵר לֹא הִפַּלְתִּי וְלֹא סִמִּיתִי, מַשְׁבִּיעֲךָ אָנִי, וְאָמַר אָמֵן, פָּטוּר. זֶה הַכְּלָל, כָּל הַמְשַׁלֵּם עַל פִּי עַצְמוֹ, חַיָּב. וְשֶׁאֵינוֹ מְשַׁלֵּם עַל פִּי עַצְמוֹ, פָּטוּר:
5 Si quelqu’un dit à un autre: “tu as volé mon bœuf”, et celui-ci affirme que ce n’est pas; sur quoi, le premier dit: “je te conjure”, et l’autre réplique: Amen; ce dernier est coupable. Mais si celui-ci dit: “j’ai volé, il est vrai, l’animal, mais je ne l’ai pas égorgé, ni vendu”; sur quoi, le premier dit: “je te conjure”, et l’autre réplique: Amen; ce dernier est absous. Quelqu’un dit à un autre: “ton bœuf a tué le mien”, et celui-ci affirme que ce n’est pas; sur quoi le premier dit: “Je te conjure”, et l’autre réplique: Amen; ce dernier est coupable. Quelqu’un dit à un autre: “ton bœuf a tué mon esclave”, et celui-ci affirme que ce n’est pas; sur quoi le premier dit: “Je te conjure”, et l’autre réplique: Amen; ce dernier est absous. Quelqu’un dit à un autre “tu m’as causé un dommage corporel ou une blessure”, et celui-ci affirme que ce n’est pas; sur quoi le premier dit: “Je te conjure”, et l’autre réplique: Amen; ce dernier est coupable. Si l’esclave dit au maître: “tu m’as fait tomber une dent, ou tu m’as crevé un œil”, et le maître affirme que ce n’est pas; sur quoi, l’esclave dit: “Je te conjure”, et le maître réplique: Amen; celui-ci est absous. Voici la règle: chaque fois que sur sa propre assertion on serait tenu de payer on est coupable pour le faux serment; au cas contraire, on est absous.