Shevi'it 1

Chapitre 1

א עַד אֵימָתַי חוֹרְשִׁין בִּשְׂדֵה הָאִילָן עֶרֶב שְׁבִיעִית. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, כָּל זְמַן שֶׁהוּא יָפֶה לַפֶּרִי. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים, עַד הָעֲצֶרֶת. וּקְרוֹבִין דִּבְרֵי אֵלּוּ לִהְיוֹת כְּדִבְרֵי אֵלּוּ:
1 Jusqu’à quand peut-on, dans l’année qui précède la 7e, cultiver un champ planté d’arbres? D’après l’école de Shammaï, aussi longtemps que cela profite aux fruits de cette 6e année; d’après l’école de Hillel, jusqu’à Pentecôte (déjà, après cette époque, la culture profiterait à la 7e année). Les avis de ces deux écoles sont à peu près d’accord.
ב אֵיזֶהוּ שְׂדֵה הָאִילָן, כָּל שְׁלֹשָׁה אִילָנוֹת לְבֵית סְאָה, אִם רְאוּיִין לַעֲשׂוֹת כִּכַּר דְּבֵלָה שֶׁל שִׁשִּׁים מָנֶה בָּאִיטַלְקִי, חוֹרְשִׁים כָּל בֵּית סְאָה בִּשְׁבִילָן. פָּחוֹת מִכָּאן, אֵין חוֹרְשִׁין לָהֶן אֶלָּא מְלֹא הָאוֹרֶה וְסַלּוֹ חוּצָה לוֹ:
2 Qu’appelle-t-on champ d’arbres? Tout terrain où se trouvent 3 arbres par chaque étendue pouvant fournir un saa de revenus (soit 500 coudées carrées); si les arbres qui s’y trouvent peuvent produire un gâteau de figues de 60 mané italiennes, on cultive pour eux tout le terrain, mais s’ils produisent moins, on ne cultive, auprès des arbres, que l’espace occupé par celui qui fait la cueillette et le panier placé un peu plus loin.
ג אֶחָד אִילַן סְרָק וְאֶחָד אִילַן מַאֲכָל, רוֹאִין אוֹתָן כְּאִלּוּ הֵם תְּאֵנִים. אִם רְאוּיִם לַעֲשׂוֹת כִּכַּר דְּבֵלָה שֶׁל שִׁשִּׁים מָנֶה בָּאִיטַלְקִי, חוֹרְשִׁים כָּל בֵּית סְאָה בִּשְׁבִילָן. פָּחוֹת מִכָּאן, אֵין חוֹרְשִׁים לָהֶם אֶלָּא לְצָרְכָּן:
3 Peu importe que les arbres soient incultes ou fruitiers; on les considère à l’égal du figuier, et s’ils peuvent produire un gâteau de figues de 60 mané italiennes, on cultive tout le terrain (d’un saa) en leur faveur; s’ils produisent moins, on ne cultive que l’espace qui leur est indispensable (comme précédemment).
ד הָיָה אֶחָד עוֹשֶׂה כִּכַּר דְּבֵלָה וּשְׁנַיִם אֵין עוֹשִׂין, אוֹ שְׁנַיִם עוֹשִׂין וְאֶחָד אֵינוֹ עוֹשֶׂה, אֵין חוֹרְשִׁין לָהֶם אֶלָּא לְצָרְכָּן, עַד שֶׁיִּהְיוּ מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד תִּשְׁעָה. הָיוּ עֲשָׂרָה, מֵעֲשָׂרָה וּלְמַעְלָה, בֵּין עוֹשִׂין בֵּין שֶׁאֵינָן עוֹשִׂין, חוֹרְשִׁין כָּל בֵּית סְאָה בִּשְׁבִילָן. שֶׁנֶּאֱמַר (שמות לד) בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר תִּשְׁבֹּת, אֵין צָרִיךְ לוֹמַר חָרִישׁ וְקָצִיר שֶׁל שְׁבִיעִית, אֶלָּא חָרִישׁ שֶׁל עֶרֶב שְׁבִיעִית שֶׁהוּא נִכְנָס בַּשְּׁבִיעִית, וְקָצִיר שֶׁל שְׁבִיעִית שֶׁהוּא יוֹצֵא לְמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר, מָה חָרִישׁ רְשׁוּת, אַף קָצִיר רְשׁוּת, יָצָא קְצִיר הָעֹמֶר:
4 Si l’un de ces arbres produit seul la quantité nécessaire au gâteau de figues, tandis que les 2 arbres ne rapportent pas, ou si 2 arbres produisent cette quantité, mais le troisième ne rapporte pas, on ne laboure que l’espace qui leur est strictement nécessaire. Ceci a lieu, soit qu’il y ait trois arbres, soit qu’il y en fait neuf, dans l’espace du saa. Mais, s’il y en a dix ou davantage, qu’ils produisent cette quantité, ou non, on peut cultiver tout le terrain en leur faveur. En général, toute cette défense relative à la veille de Sheviit est prescrite par ce verset (Ex 34, 21): Tu cesseras de cultiver et de moissonner. Il ne saurait être question là de culture ou de moisson de la 7e année, ce qui serait inutile; il s’agit donc de la culture pendant la 6e année faite au profit de la 7e, ou de la moisson de la 7e faite au profit de l’année suivante (ou 8e). Selon R. Ismael, cette défense s’applique au Shabat et l’on veut dire par là la culture volontaire aussi bien que la moisson volontaire sont interdites en ce jour, mais il est fait exception pour la gerbe obligatoire.
ה שְׁלֹשָׁה אִילָנוֹת שֶׁל שְׁלֹשָׁה אֲנָשִׁים, הֲרֵי אֵלּוּ מִצְטָרְפִין, וְחוֹרְשִׁין כָּל בֵּית סְאָה בִּשְׁבִילָן. וְכַמָּה יְהֵא בֵינֵיהֶם, רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא הַבָּקָר עוֹבֵר בְּכֵלָיו:
5 Si 3 de ces arbres appartiennent à 3 propriétaires, on les suppose réunis, et l’on cultive pour eux tout le terrain. -Quel espace doit-il y avoir entre eux pour cela? -Il faut, dit R. Simon b. Gamliel, qu’un bœuf puisse passer entre eux avec la charrue.
ו עֶשֶׂר נְטִיעוֹת מְפֻזָּרוֹת בְּתוֹךְ בֵּית סְאָה, חוֹרְשִׁין כָּל בֵּית סְאָה בִּשְׁבִילָן, עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה. הָיוּ עֲשׂוּיוֹת שׁוּרָה וּמֻקָּפוֹת עֲטָרָה, אֵין חוֹרְשִׁין לָהֶם אֶלָּא לְצָרְכָּן:
6 S’il y a au moins dix jeunes arbustes disséminés dans un champ de la contenance d’un saa, on peut le cultiver en leur faveur, jusqu’au nouvel an (de la 7e). S’ils sont rangés en ligne droite, ou s’ils forment là un demi cercle, on ne cultive que l’espace qui leur est strictement nécessaire (afin de ne pas paraître cultiver le champ pour la 7e année.
ז הַנְּטִיעוֹת וְהַדְּלוּעִים, מִצְטָרְפִין לְתוֹךְ בֵּית סְאָה. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, כָּל עֲשָׂרָה דְלוּעִים לְבֵית סְאָה, חוֹרְשִׁין כָּל בֵּית סְאָה עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה:
7 S’il y a de jeunes arbustes et des courges dans un champ de la contenance d’un saa, on les suppose réunis (et l’on peut cultiver le tout). R. Simon ben Gamliel ajoute: n’y eut-il que dix courges dans le champ de la contenance d’un saa, on le cultive en entier, jusqu’au nouvel an de la 7e année.
ח עַד אֵימָתַי נִקְרְאוּ נְטִיעוֹת. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר, עַד שֶׁיָּחֹלּוּ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר, בַּת שֶׁבַע שָׁנִים. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר, נְטִיעָה כִשְׁמָהּ. אִילָן שֶׁנִּגְמַם וְהוֹצִיא חֲלִיפִין, מִטֶּפַח וּלְמַטָּה כִּנְטִיעָה, מִטֶּפַח וּלְמַעְלָה, כְּאִילָן, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן:
8 Jusqu’à quel moment les arbustes sont-ils jeunes (et ne sont pas encore des arbres, pour que 3 suffisent à constituer le champ)? R. Eliézer ben Azaria dit: jusqu’à ce qu’il soit permis d’en manger (dans la 4e année contre rachat); R. Josué dit jusqu’à ce qu’ils aient sept ans; R. aqiba dit: aussi longtemps qu’on les nomme en général jeunes arbres (cela dépend de l’usage général). Si un arbre, après avoir été taillé, produit de nouveaux rejetons, on le nomme jeune arbre, s’il n’a pas été coupé, à plus d’un palme de hauteur au-dessus du niveau de la terre; mais s’il a été coupé plus haut, il continue à s’appeler arbre (vieux). Tel est l’avis de R. Simon.