Ma'aserot 1

Chapitre 1

א כְּלָל אָמְרוּ בַּמַּעַשְׂרוֹת, כָּל שֶׁהוּא אֹכֶל, וְנִשְׁמָר, וְגִדּוּלָיו מִן הָאָרֶץ, חַיָּב בַּמַּעַשְׂרוֹת. וְעוֹד כְּלָל אַחֵר אָמְרוּ, כָּל שֶׁתְּחִלָּתוֹ אֹכֶל וְסוֹפוֹ אֹכֶל, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא שׁוֹמְרוֹ לְהוֹסִיף אֹכֶל, חַיָּב קָטָן וְגָדוֹל. וְכָל שֶׁאֵין תְּחִלָּתוֹ אֹכֶל אֲבָל סוֹפוֹ אֹכֶל, אֵינוֹ חַיָּב עַד שֶׁיֵּעָשֶׂה אֹכֶל:
1 On a établi une règle générale pour la dîme: tout ce qui se mange, que l’on conserve et qui croît sur terre, est soumis aux dîmes. Voici une autre règle: ce qui est un manger aussi bien dès le commencement de son développement qu’à la fin, bien que l’on ait l’habitude de la conserver jusqu’à sa croissance extrême, est soumis aux dîmes, qu’il soit encore petit, ou déjà grand. Mais, lorsqu’au commencement ce n’est pas un objet habituel de consommation et qu’il le devient plus tard (à sa maturité), il n’y sera soumis que lorsqu’il sera devenu bon à manger.
ב מֵאֵימָתַי הַפֵּרוֹת חַיָּבוֹת בַּמַּעַשְׂרוֹת. הַתְּאֵנִים, מִשֶּׁיַּבְחִילוּ. הָעֲנָבִים וְהָאֳבָשִׁים, מִשֶּׁהִבְאִישׁוּ. הָאוֹג וְהַתּוּתִים, מִשֶּׁיַּאְדִּימוּ. וְכָל הָאֲדֻמִּים, מִשֶּׁיַּאְדִּימוּ. הָרִמּוֹנִים, מִשֶּׁיִּמַּסּוּ. הַתְּמָרִים, מִשֶּׁיָּטִּילוּ שְׂאֹר. הָאֲפַרְסְקִים, מִשֶּׁיָּטִּילוּ גִידִים. הָאֱגוֹזִים, מִשֶּׁיַּעֲשׂוּ מְגוּרָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, הָאֱגוֹזִים וְהַשְּׁקֵדִים, מִשֶּׁיַּעֲשׂוּ קְלִפָּה:
2 A partir de quel moment les fruits sont-ils soumis aux dîmes? Pour les figues, lorsqu’elles commencent à se colorer du haut (à blanchir près de la tige); le raisin et le verjus, lorsqu’il devient transparent; le fruit du cornouiller et les mûres, lorsqu’ils rougissent; et tous les fruits rouges lorsqu’ils atteignent cette couleur; les grenades, lorsqu’elles s‘amollissent; les dattes, lorsqu’elles se fendillent par excès de sève; les pêches, lorsqu’elles semblent veinées; les noix, lorsqu’elles se détachent de la 1re écorce qui leur sert de garde. Selon R. Juda, l’époque précise pour les noix et les amandes est lorsque leur peau interne est formée (pouvant se détacher).
ג הֶחָרוּבִין, מִשֶּׁיִּנָּקֵדוּ. וְכָל הַשְּׁחוֹרִים, מִשֶּׁיִּנָּקְדוּ. הָאֲגָסִים וְהַקְּרֻסְטוֹמֵלִין וְהַפָּרִישִׁין וְהָעֻזְרָדִים, מִשֶּׁיִּקָּרֵחוּ. וְכָל הַלְּבָנִים, מִשֶּׁיִּקָּרֵחוּ. הַתִּלְתָּן, מִשֶּׁתְּצַמֵּחַ. הַתְּבוּאָה וְהַזֵּיתִים, מִשֶּׁיַּכְנִיסוּ שְׁלִישׁ:
3 Pour les caroubes, l’obligation de la dîme commence lorsqu’ils se couvrent de points noirs; et, en général, pour tous les fruits noirs, lorsqu’ils commencent à être pointillés. Pour les poires (moriega), les orangers (poires de paradis), les coings et les sorbes (ou alises), c’est à partir du moment où ils se pellent (où le duvet tombe); et il en est de même pour tous les fruits clairs. Le fenugrec y est soumis dès qu’il est apte à la reproduction; pour les blé et les olives, lorsqu’ils sont parvenus au tiers de la maturité.
ד וּבַיָּרָק, הַקִּשּׁוּאִין וְהַדְּלוּעִים וְהָאֲבַטִּיחִים וְהַמְּלָפְפוֹנוֹת, הַתַּפּוּחִים וְהָאֶתְרוֹגִין, חַיָּבִים גְּדוֹלִים וּקְטַנִּים. רַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר אֶת הָאֶתְרוֹגִים בְּקָטְנָן. הַחַיָּב בַּשְּׁקֵדִים הַמָּרִים, פָּטוּר בַּמְּתוּקִים, הַחַיָּב בַּמְּתוּקִים, פָּטוּר בַּמָּרִים:
4 En fait de légumes verts, les courges, les concombres, les potirons, les melons, outre les pommes et les cédrats (parmi les produits des arbres), sont soumis aux divers droits, qu’ils soient grands ou petits. R. Simon en dispense les cédrats aussi longtemps qu’ils sont petits (peu mûrs). L’époque à laquelle les amandes amères sont soumises aux droits (que l’on mange toutes petites) n’est pas celle des amandes douces (que l’on mangera de préférence plus tard); et, à l’inverse, l’époque des amandes douces n’est pas celle des amères (pour la même raison).
ה אֵיזֶהוּ גָּרְנָן לַמַּעַשְׂרוֹת. הַקִּשּׁוּאִים וְהַדְּלוּעִים, מִשֶּׁיְּפַקְסוּ. וְאִם אֵינוֹ מְפַקֵּס, מִשֶּׁיַּעֲמִיד עֲרֵמָה. אֲבַטִּיחַ, מִשֶּׁיְּשַׁלֵּק. וְאִם אֵינוֹ מְשַׁלֵּק, עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה מֻקְצֶה. יָרָק הַנֶּאֱגָד, מִשֶּׁיֹּאגַד. אִם אֵינוֹ אוֹגֵד, עַד שֶׁיְּמַלֵּא אֶת הַכְּלִי. וְאִם אֵינוֹ מְמַלֵּא אֶת הַכְּלִי, עַד שֶׁיְּלַקֵּט כָּל צָרְכּוֹ. כַּלְכָּלָה, עַד שֶׁיְּחַפֶּה. וְאִם אֵינוֹ מְחַפֶּה, עַד שֶׁיְמַלֵּא אֶת הַכְּלִי. וְאִם אֵינוֹ מְמַלֵּא אֶת הַכְּלִי, עַד שֶׁיְּלַקֵּט כָּל צָרְכּוֹ. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים, בְּמוֹלִיךְ לַשּׁוּק. אֲבָל בְּמוֹלִיךְ לְבֵיתוֹ, אוֹכֵל מֵהֶם עֲרַאי עַד שֶׁהוּא מַגִּיעַ לְבֵיתוֹ:
5 A quel moment les fruits sont-ils considérés comme complètement cueillis et soumis aux dîmes (comme le blé au grenier)? Les courges et les concombres, lorsqu’ils n’ont plus de duvet, peco", ou, à défaut de cet indice, lorsqu’on les entasse. Pour les potirons aussi, lorsqu’ils perdent leur duvet, ou, à défaut de cet indice, lorsqu’on les range pour les sécher. Pour les légumes verts que l’on a l’habitude de mettre en bottes, dès qu’on les ficèle, ou, à défaut, dès qu’on a rempli la hotte servant à les réunir; ou encore, à défaut de cette indication, lorsqu’on a réuni autant qu’il en faut pour ses besoins. Le panier de figues est soumis aux dîmes lorsqu’on les couvre de feuilles (en signe d’achèvement); ou, à défaut, lorsqu’on a rempli le panier; ou encore, lorsqu’on en a réuni autant qu’il en faut pour ses besoins. Dans quel cas toutes ces règles sont-elles applicables? Lorsqu’on porte ces fruits au marché; mais lorsqu’on les porte chez soi, on peut en manger accidentellement jusqu’à l’arrivée à la maison.
ו הַפֶּרֶד וְהַצִּמּוּקִין וְהֶחָרוּבִין, מִשֶּׁיַּעֲמִיד עֲרֵמָה. הַבְּצָלִים, מִשֶּׁיְּפַקֵּל. וְאִם אֵינוֹ מְפַקֵּל, מִשֶּׁיַּעֲמִיד עֲרֵמָה. הַתְּבוּאָה, מִשֶּׁיְּמָרֵחַ. וְאִם אֵינוֹ מְמָרֵחַ, עַד שֶׁיַּעֲמִיד עֲרֵמָה. הַקִּטְנִיּוֹת, מִשֶּׁיִּכְבֹּר. וְאִם אֵינוֹ כוֹבֵר, עַד שֶׁיְּמָרֵחַ. אַף עַל פִּי שֶׁמֵּרַח, נוֹטֵל מִן הַקֻּטָּעִים וּמִן הַצְּדָדִים וּמִמַּה שֶׁבְּתוֹךְ הַתֶּבֶן, וְאוֹכֵל:
6 Les grenades fendues (pour sécher), les raisins secs et les caroubes y sont soumis, dès qu’on les entasse; les oignons lorsqu’ils se pellent, ou, à défaut, lorsqu’on les entasse. Le blé y est soumis lorsqu’on a ratissé le monceau; ou, à défaut de ce soin, lorsqu’on l’amoncelle. Les légumes secs, lorsqu’on les vanne; ou, à défaut, lorsqu’on en ratisse le tas. Cependant, même après cet acte, on peut prendre et manger des épis brisés (non battus), ou des côtés, ou de ce qui est encore mêlé à la paille.
ז הַיַּיִן, מִשֶּׁיְּקַפֶּה. אַף עַל פִּי שֶׁקִּפָּה, קוֹלֵט מִן הַגַּת הָעֶלְיוֹנָה וּמִן הַצִּנּוֹר, וְשׁוֹתֶה. הַשֶּׁמֶן, מִשֶּׁיֵּרֵד לָעוּקָה. אַף עַל פִּי שֶׁיָּרַד, נוֹטֵל מִן הֶעָקָל וּמִבֵּין הַמָּמָל וּמִבֵּין הַפַּצִּים, וְנוֹתֵן לַחֲמִטָּה וְלַתַּמְחוּי, אֲבָל לֹא יִתֵּן לַקְּדֵרָה וְלַלְּפָס כְּשֶׁהֵן רוֹתְחִין. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, לַכֹּל הוּא נוֹתֵן, חוּץ מִדָּבָר שֶׁיֶּשׁ בּוֹ חֹמֶץ וְצִיר:
7 Le vin y est soumis lorsqu’on écume le résidu (qui monte à la surface par la fermentation). Pourtant, même après cet acte, on peut en puiser de la cuve supérieure, ou de la rigole (qui précède la cuve) et en boire. L’huile y est soumise à partir du moment où elle descend dans le récipient en fosse; et, même après qu’elle est descendue, on peut en prendre du sac de cordes (pour comprimer les olives), ou de ce qui se trouve entre les meules, ou entre les poutres du pressoir, en enduire les gâteaux minces (flancs), en mettre dans la marmite; mais on n’en prendra pas pour le pot ou la poêle, pendant que les mets y cuisent (tout mets cuit est soumis à la dîme). Selon R. Juda, on peut en mettre dans tout, sauf dans ce qui contient du vinaigre ou un acide.
ח הָעִגּוּל, מִשֶּׁיַּחֲלִיקֶנּוּ. מַחֲלִיקִים בִּתְאֵנִים וּבַעֲנָבִים שֶׁל טֶבֶל. רַבִּי יְהוּדָה אוֹסֵר. הַמַּחֲלִיק בַּעֲנָבִים, לֹא הֻכְשָׁר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, הֻכְשָׁר. הַגְּרוֹגָרוֹת, מִשֶּׁיָּדוּשׁ. וּמְגוּרָה מִשֶּׁיְּעַגֵּל. הָיָה דָשׁ בֶּחָבִית וּמְעַגֵּל בַּמְּגוּרָה, נִשְׁבְּרָה הֶחָבִית וְנִפְתְּחָה הַמְּגוּרָה, לֹא יֹאכַל מֵהֶם עֲרָאי. רַבִּי יוֹסֵי מַתִּיר:
8 Le rond de figues comprimées y est soumis depuis le moment où on le rend lisse, ce que l’on peut faire avec du jus de figues ou de raisins non libérés. Selon R. Juda, c’est interdit (il leur attribue de la valeur). Un gâteau de figues frotté de raisins ne devient pas pour cela apte à devenir impur; selon R. Juda, il le devient. Les figues sèches y sont soumises lorsqu’on les comprime au tonneau; ou, ce qui est au grenier, dès qu’on l’arrondit à la main. Si, au moment de battre les figues dans le tonneau, ou d’arrondir le dépôt du grenier, le tonneau se brise, ou le grenier s’ouvre, on ne doit plus en manger, même accidentellement (sans le libérer); mais R. Yossé le permet.