Erouvin 4

Chapitre 4

א מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ גוֹיִם אוֹ רוּחַ רָעָה, אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. הֶחֱזִירוּהוּ, כְּאִלּוּ לֹא יָצָא. הוֹלִיכוּהוּ לְעִיר אַחֶרֶת. נְתָנוּהוּ בְדִיר אוֹ בְסַהַר, רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמְרִים, מְהַלֵּךְ אֶת כֻּלָּהּ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמְרִים, אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. מַעֲשֶׂה שֶׁבָּאוּ מִפְּרַנְדִּיסִין וְהִפְלִיגָה סְפִינָתָם בַּיָּם. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה הִלְּכוּ אֶת כֻּלָּהּ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא לֹא זָזוּ מֵאַרְבַּע אַמּוֹת, שֶׁרָצוּ לְהַחֲמִיר עַל עַצְמָן:
1 Si, par une attaque d’ennemis, ou par égarement d’esprit, on se trouve avoir dépassé la limite shabatique, on ne peut se mouvoir que dans un cercle de 4 coudées; si l’on se trouve ramené de même façon, c’est comme si l’on n’était pas sorti. Si l’on a été transporté dans une autre ville, ou dans une étable ou un enclos, il sera permis, selon R. Gamliel et R. Eliézer b. Azaria, de parcourir tout le circuit; selon R. Josua et R. aqiba, on n’a que 4 coudées d’espace. Un jour, venant de Brindisium, le vaisseau de ces docteurs se trouva poussé au large dans la haute mer. R. Gamliel et R. Eliézer b. Azaria en parcoururent tout le circuit; R. Josué et R. aqiba ne dépassaient pas 4 coudées, voulant être plus sévères pour eux-mêmes.
ב פַּעַם אַחַת לֹא נִכְנְסוּ לַנָּמָל עַד שֶׁחֲשֵׁכָה. אָמְרוּ לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל, מָה אָנוּ לֵירֵד. אָמַר לָהֶן, מֻתָּר אַתֶּם, שֶׁכְּבָר הָיִיתִי מִסְתַּכֵּל, וְהָיִינוּ בְתוֹךְ הַתְּחוּם עַד שֶׁלֹּא חֲשֵׁכָה:
2 Un jour, le vaisseau tarda tellement qu’ils entrèrent seulement au port à la nuit du vendredi soir. Nous est-il permis de descendre, demandèrent-ils à R. Gamliel? -Oui, dit-il, car j’ai bien examiné la distance et noté qu’avant la nuit nous avions pénétré déjà dans la limite légale.
ג מִי שֶׁיָּצָא בִרְשׁוּת וְאָמְרוּ לוֹ, כְּבָר נַעֲשָׂה מַעֲשֶׂה, יֶשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ. אִם הָיָה בְתוֹךְ הַתְּחוּם, כְּאִלּוּ לֹא יָצָא, שֶׁכָּל הַיּוֹצְאִים לְהַצִּיל, חוֹזְרִין לִמְקוֹמָן:
3 Si quelqu’un est sorti à l’état autorisé pour une affaire importante, et qu’on lui annonce que l’affaire est accomplie, il lui reste un espace libre de 2000 coudées autour du point où il se trouve. S’il se trouve encore dans la limite, c’est comme s’il n’était pas sorti, et tous ceux qui sortent pour opérer un sauvetage peuvent retourner chez eux.
ד מִי שֶׁיָּשַׁב בַּדֶּרֶךְ, וְעָמַד, וְרָאָה וַהֲרֵי הוּא סָמוּךְ לָעִיר, הוֹאִיל וְלֹא הָיְתָה כַוָּנָתוֹ לְכָךְ, לֹא יִכָּנֵס, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, יִכָּנֵס. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה, מַעֲשֶׂה הָיָה, וְנִכְנַס רַבִּי טַרְפוֹן בְּלֹא מִתְכַּוֵּן:
4 Si en route on s’assoit et qu’en se levant on s’aperçoit être dans le voisinage d’une ville, on ne devra cependant pas y entrer, n’en ayant pas eu l’intention d’abord. Tel est l’avis de R. Meir; selon R. Juda, on peut y entrer. Celui-ci ajoute qu’il est arrivé de même à R. Tarfon d’y entrer sans y avoir pensé d’avance.
ה מִי שֶׁיָּשֵׁן בַּדֶּרֶךְ וְלֹא יָדַע שֶׁחֲשֵׁכָה, יֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, וְהוּא בְאֶמְצָעָן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, לְאֵיזֶה רוּחַ שֶׁיִּרְצֶה יֵלֵךְ. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה שֶׁאִם בֵּרֵר לוֹ, שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לַחֲזֹר בּוֹ:
5 Si quelqu’un s’est endormi en route sans remarquer l’arrivée de la nuit shabatique, il a un espace libre de 2000 coudées de chaque côté du point d’arrêt; tel est l’avis de R. Yohanan b. Nouri; selon les autres sages, il n’a droit qu’à 4 coudées, et encore, ajoute R. Eliézer, est-il supposé se tenir au milieu de cet espace (soit 2 de chaque côté). R. Juda dit: on peut aller à 4 coudées en tous sens; mais il reconnaît que, si l’on a choisi une direction, on ne peut plus la changer.
ו הָיוּ שְׁנַיִם, מִקְצָת אַמּוֹתָיו שֶׁל זֶה בְּתוֹךְ אַמּוֹתָיו שֶׁל זֶה, מְבִיאִין וְאוֹכְלִין בָּאֶמְצַע, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא זֶה מִתּוֹךְ שֶׁלּוֹ לְתוֹךְ שֶׁל חֲבֵרוֹ. הָיוּ שְׁלֹשָׁה, וְהָאֶמְצָעִי מֻבְלָע בֵּינֵיהֶן, הוּא מֻתָּר עִמָּהֶן וְהֵן מֻתָּרִין עִמּוֹ, וּשְׁנַיִם הַחִיצוֹנִים אֲסוּרִים זֶה עִם זֶה. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה, לְשָׁלֹשׁ חֲצֵרוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ וּפְתוּחוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים, עֵרְבוּ שְׁתֵּיהֶן עִם הָאֶמְצָעִית, הִיא מֻתֶּרֶת עִמָּהֶם וְהֵן מֻתָּרוֹת עִמָּהּ, וּשְׁתַּיִם הַחִיצוֹנוֹת אֲסוּרוֹת זוֹ עִם זוֹ:
6 Lorsque la distance permise du nombre de coudées se trouve en partie englobée dans la limite d’une autre personne, les 2 personnes peuvent apporter au milieu leur repas et le manger là, à condition qu’aucun n’entre au domaine du voisin. S’ils sont trois, dont celui du milieu se trouve ainsi en relation avec les 2 autres, il peut se joindre à chacun d’eux, comme eux peuvent venir près de lui; mais les 2 qui occupent les extrêmes ne peuvent pas se réunir. Ce cas, dit R. Simon, ressemble au suivant: si 3 cours sont ouvertes l’une sur l’autre, ainsi que sur la voie publique, et que les 2 extrêmes sont jointes par l’eruv à celle du milieu, il sera permis de transporter de celle-ci dans les 2 autres, ou à l’inverse; mais la relation entre les 2 extrêmes est interdite.
ז מִי שֶׁבָּא בַדֶּרֶךְ וְחָשְׁכָה לוֹ, וְהָיָה מַכִּיר אִילָן אוֹ גָדֵר, וְאָמַר, שְׁבִיתָתִי תַחְתָּיו, לֹא אָמַר כְּלוּם. שְׁבִיתָתִי בְעִקָּרוֹ, מְהַלֵּךְ מִמְּקוֹם רַגְלָיו וְעַד עִקָּרוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה, וּמֵעִקָּרוֹ וְעַד בֵּיתוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה. נִמְצָא מְהַלֵּךְ מִשֶּׁחֲשֵׁכָה אַרְבַּעַת אֲלָפִים אַמָּה:
7 Si, pendant que l’on est en route, la nuit survient, et qu’en reconnaissant un arbre ou une haie, on déclare choisir cette place pour résidence shabatique, cette déclaration n’a pas de valeur, n’ayant pas atteint cette place avant la nuit. Mais si quelqu'un dit vouloir se fixer au tronc de cet arbre, il pourra parcourir un espace de 2000 coudées, du point qu’il occupe jusqu’à ladite souche, puis de cette dernière place (prise comme médiale) jusqu’à sa maison, une distance égale de 2000 coudées; de cette façon, il pourra faire un trajet de 4000 coudées à partir de la nuit.
ח אִם אֵינוֹ מַכִּיר, אוֹ שֶׁאֵינוֹ בָקִי בַהֲלָכָה, וְאָמַר, שְׁבִיתָתִי בִמְקוֹמִי, זָכָה לוֹ מְקוֹמוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ. עֲגֻלּוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא בֶן אַנְטִיגְנוֹס. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, מְרֻבָּעוֹת, כְּטַבְלָא מְרֻבַּעַת, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִשְׂכָּר לַזָּוִיּוֹת:
8 S’il ne reconnaît pas de point d’arrêt de loin, ou s’il n’est pas au courant de la loi, et qu’il déclare vouloir séjourner sur place, il a droit à une espace de 2000 coudées dans chaque sens, même en circonférence. Tel est l’avis de R. Hanania b. Antigonos; selon les autres sages, il s’agit de chaque côté en carré, comme d’une surface (tabula) carrée, de façon à profiter des angles qui dépassent le cercle.
ט וְזוֹ הִיא שֶׁאָמְרוּ, הֶעָנִי מְעָרֵב בְּרַגְלָיו. אָמַר רַבִּי מֵאִיר, אָנוּ אֵין לָנוּ אֶלָּא עָנִי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אֶחָד עָנִי וְאֶחָד עָשִׁיר, לֹא אָמְרוּ מְעָרְבִין בְּפַת אֶלָּא לְהָקֵל עַל הֶעָשִׁיר, שֶׁלֹּא יֵצֵא וִיעָרֵב בְּרַגְלָיו:
9 C’est ainsi que l’on dit: le pauvre pose l’eruv par les pieds (par la marche). Selon R. Meir, il ne s’agit ici que du pauvre; selon R. Juda, il est aussi bien question du pauvre que du riche, car il a été question de pouvoir poser l’eruv avec du pain pour faciliter ce procédé au riche, afin qu’il ne soit pas tenu de le placer en y allant lui-même.
י מִי שֶׁיָּצָא לֵילֵךְ בְּעִיר שֶׁמְּעָרְבִין בָּהּ וְהֶחֱזִירוֹ חֲבֵרוֹ, הוּא מֻתָּר לֵילֵךְ וְכָל בְּנֵי הָעִיר אֲסוּרִין, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, כֹּל שֶׁהוּא יָכוֹל לְעָרֵב וְלֹא עֵרֵב, הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל:
10 Si quelqu’un est sorti (avant la fête) pour aller dans une ville établir avec elle la jonction symbolique et qu’en route un individu venant de là rapporte l’eruv accompli, il lui sera permis d’y aller le samedi, non aux autres habitants de la ville, selon R. Juda; R. Meir dit: lorsqu’en pouvant placer l’eruv on le néglige, on ressemble à un ânier traînant un chameau (ne pouvant plus ni avance, ni reculer).
יא מִי שֶׁיָּצָא חוּץ לַתְּחוּם, אֲפִלּוּ אַמָּה אַחַת, לֹא יִכָּנֵס. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, שְׁתַּיִם, יִכָּנֵס, שָׁלֹשׁ, לֹא יִכָּנֵס. מִי שֶׁהֶחְשִׁיךְ חוּץ לַתְּחוּם, אֲפִלּוּ אַמָּה אַחַת, לֹא יִכָּנֵס. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, אֲפִלּוּ חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמּוֹת, יִכָּנֵס, שֶׁאֵין הַמָּשׁוֹחוֹת מְמַצִּין אֶת הַמִּדּוֹת, מִפְּנֵי הַטּוֹעִין:
11 Si quelqu’un est sorti le samedi au-delà de la limite shabatique, fût-ce d’une seule coudée, il ne pourra plus y rentrer complètement (diminuant la limite d’autant). Selon R. Eliézer, s’il l’a dépassé de 2 coudées, cela ne fait rien et l’on peut y rentrer complètement; mais si on la dépasse de 3 coudées, on diminuera la limite d’autant. Si quelqu’un se trouve hors de la limite shabatique de sa maison à l’arrivée de la nuit, fut-ce loin d’une coudée seulement, il ne pourra pas entrer en ville. R. Simon dit: en fut-il éloigné de 15 coudées, il pourra rentrer, car les géomètres (qui désignent les limites) ne mesurent pas si exactement, pour tenir compte de ceux qui peuvent se tromper.