Bava Kamma 5

Chapitre 5

א שׁוֹר שֶׁנָּגַח אֶת הַפָּרָה וְנִמְצָא עֻבָּרָהּ בְּצִדָּהּ, וְאֵין יָדוּעַ אִם עַד שֶׁלֹּא נְגָחָהּ יָלְדָה, אִם מִשֶּׁנְּגָחָהּ יָלְדָה, מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק לַפָּרָה וּרְבִיעַ נֶזֶק לַוָּלָד. וְכֵן פָּרָה שֶׁנָּגְחָה אֶת הַשּׁוֹר וְנִמְצָא וְלָדָהּ בְּצִדָּהּ, וְאֵין יָדוּעַ אִם עַד שֶׁלֹּא נָגְחָה יָלְדָה, אִם מִשֶּׁנָּגְחָה יָלְדָה, מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק מִן הַפָּרָה וּרְבִיעַ נֶזֶק מִן הַוָּלָד:
1 Si un bœuf tam a tué une vache, et l’on trouve son petit mort à côté d’elle, sans qu’on puisse savoir si le petit est né avant ou après le coup reçu, le propriétaire du bœuf paie pour la vache la moitié du dommage et pour le petit il paie le quart. Si une vache a tué un bœuf, et l’on trouve son petit à côté d’elle sans qu’on sache si la naissance a eu lieu avant ou après le coup, le demandeur peut se faire payer à l’égard de la vache toute la moitié du dommage, mais à l’égard du petit il ne peut se faire payer que le quart.
ב הַקַּדָּר שֶׁהִכְנִיס קְדֵרוֹתָיו לַחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת שֶׁלֹּא בִרְשׁוּת, וְשִׁבְּרָתַן בְּהֶמְתּוֹ שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, פָּטוּר. וְאִם הֻזְּקָה בָהֶן, בַּעַל הַקְּדֵרוֹת חַיָּב. וְאִם הִכְנִיס בִּרְשׁוּת, בַּעַל חָצֵר חַיָּב. הִכְנִיס פֵּרוֹתָיו לַחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת שֶׁלֹּא בִרְשׁוּת, וַאֲכָלָתַן בְּהֶמְתּוֹ שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, פָּטוּר. וְאִם הֻזְּקָה בָהֶן, בַּעַל הַפֵּרוֹת חַיָּב. וְאִם הִכְנִיס בִּרְשׁוּת, בַּעַל הֶחָצֵר חַיָּב:
2 Si un potier met ses pots dans la cour d’un individu sans sa permission et que l’animal de cet individu les brise, ce dernier est acquitté; mais si l’animal est blessé par les pots, le potier doit payer le dommage. Si le potier a mis ses pots avec la permission du propriétaire, le propriétaire doit payer le dommage provenant des pots brisés. Si un homme met dans la cour d’un individu sans sa permission des fruits que l’animal mange, le propriétaire est acquitté; mais si l’animal est blessé par les objets, l’homme doit payer les dommages. Si l’homme a placé ces objets avec la permission du propriétaire, celui-ci doit payer le dommage des objets.
ג הִכְנִיס שׁוֹרוֹ לַחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת שֶׁלֹּא בִרְשׁוּת, וּנְגָחוֹ שׁוֹרוֹ שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, אוֹ שֶׁנְּשָׁכוֹ כַלְבּוֹ שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, פָּטוּר. נָגַח הוּא שׁוֹרוֹ שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, חַיָּב. נָפַל לְבוֹרוֹ וְהִבְאִישׁ מֵימָיו, חַיָּב. הָיָה אָבִיו אוֹ בְנוֹ לְתוֹכוֹ, מְשַׁלֵּם אֶת הַכֹּפֶר. וְאִם הִכְנִיס בִּרְשׁוּת, בַּעַל הֶחָצֵר חַיָּב. רַבִּי אוֹמֵר, בְּכֻלָּן אֵינוֹ חַיָּב, עַד שֶׁיְּקַבֵּל עָלָיו לִשְׁמֹר:
3 Si un homme a fait entrer dans la cour d’un individu, sans sa permission, son bœuf, qui y est tué par le bœuf du propriétaire, ou mordu par son chien, le propriétaire est acquitté. Si le bœuf introduit dans la cour tue celui du propriétaire, le dommage est dû; si ce bœuf est tombé dans le puits du propriétaire et a corrompu son eau, le propriétaire du bœuf paiera le dommage; si, en tombant dans le puits, il a tué le père ou le fils du propriétaire, le défendeur doit payer le Kofer. Si l’homme autorisé par le propriétaire de la cour a fait entrer son bœuf, qui a été tué ou mordu par l’animal du propriétaire de la cour, celui-ci paiera le dommage. Rabbi dit dans tous les cas, si les objets introduits dans la cour sont endommagés, le propriétaire de la cour n’est condamné à payer le dommage que s’il s’est chargé de les garder.
ד שׁוֹר שֶׁהָיָה מִתְכַּוֵּן לַחֲבֵרוֹ וְהִכָּה אֶת הָאִשָּׁה וְיָצְאוּ יְלָדֶיהָ, פָּטוּר מִדְּמֵי וְלָדוֹת. וְאָדָם שֶׁהָיָה מִתְכַּוֵּן לַחֲבֵרוֹ וְהִכָּה אֶת הָאִשָּׁה וְיָצְאוּ יְלָדֶיהָ, מְשַׁלֵּם דְּמֵי וְלָדוֹת. כֵּיצַד מְשַׁלֵּם דְּמֵי וְלָדוֹת, שָׁמִין אֶת הָאִשָּׁה כַּמָּה הִיא יָפָה עַד שֶׁלֹּא יָלְדָה וְכַמָּה הִיא יָפָה מִשֶּׁיָּלָדָה. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, אִם כֵּן, מִשֶּׁהָאִשָּׁה יוֹלֶדֶת, מַשְׁבַּחַת. אֶלָּא שָׁמִין אֶת הַוְּלָדוֹת כַּמָּה הֵן יָפִין, וְנוֹתֵן לַבַּעַל. וְאִם אֵין לָהּ בַּעַל, נוֹתֵן לְיוֹרְשָׁיו. הָיְתָה שִׁפְחָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה, אוֹ גִיּוֹרֶת, פָּטוּר:
4 Si un bœuf voulant frapper un autre bœuf, a frappé une femme enceinte qui a avorté, le propriétaire du bœuf n’est pas obligé de payer pour le fœtus; mais si un homme voulant frapper un autre, a frappé une femme enceinte qui a avorté par suite du coup, il doit payer pour le fœtus (Ex 21, 22). Comment paie-t-on pour un fœtus? On estime ce que la femme valait (comme esclave ou comme ouvrière) avant l’avortement, et ce qu’elle vaut à présent, et le défendeur paiera la différence. R. Simon b. Gamliel dit: on ne peut agir ainsi, car une femme vaut plus pour le travail après l’avortement (ou l’accouchement) que pendant la grossesse; il vaut donc mieux estimer la valeur de l’enfant (s’il vivait), et le défendeur la paie au mari de la femme. Si le mari est mort, le défendeur la paie aux héritiers. Si la femme est une esclave libérée, ou une prosélyte, le défendeur ne paie pas pour le fœtus.
ה הַחוֹפֵר בּוֹר בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וּפְתָחוֹ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, אוֹ בִרְשׁוּת הָרַבִּים וּפְתָחוֹ לִרְשׁוּת הַיָּחִיד, בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וּפְתָחוֹ לִרְשׁוּת הַיָּחִיד אַחֵר, חַיָּב. הַחוֹפֵר בּוֹר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, וְנָפַל לְתוֹכוֹ שׁוֹר אוֹ חֲמוֹר וָמֵת, חַיָּב. אֶחָד הַחוֹפֵר בּוֹר, שִׁיחַ וּמְעָרָה, חֲרִיצִין וּנְעִיצִין, חַיָּב. אִם כֵּן, לָמָּה נֶאֱמַר בּוֹר, מַה בּוֹר שֶׁיֶּשׁ בּוֹ כְדֵי לְהָמִית, עֲשָׂרָה טְפָחִים, אַף כֹּל שֶׁיֶּשׁ בּוֹ כְדֵי לְהָמִית, עֲשָׂרָה טְפָחִים. הָיוּ פְחוּתִין מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים, וְנָפַל לְתוֹכוֹ שׁוֹר אוֹ חֲמוֹר וָמֵת, פָּטוּר. וְאִם הֻזַּק בּוֹ, חַיָּב:
5 Si un individu creuse un puits (dans son domaine privé), ouvrant sur un domaine public, ou s’il le creuse dans un domaine public et laisse son ouverture dans un domaine privé, ou s’il le creuse dans son domaine privé et laisse son ouverture dans le domaine privé d’un autre individu, il est condamné à payer le dommage des hommes et des choses qui tombent dans le puits. Si un individu creuse un puits dans le domaine public, et un bœuf ou un âne y tombe et meurt, l’individu doit payer le dommage à la condition que le puits ait une profondeur de 10 palmes, car la chute à cette profondeur peut faire mourir un bœuf ou un âne. Si le puits n’a pas cette profondeur, le propriétaire est acquitté même si l’animal meurt, mais il est condamné à payer le dommage si l’animal reçoit une blessure.
ו בּוֹר שֶׁל שְׁנֵי שֻׁתָּפִין, עָבַר עָלָיו הָרִאשׁוֹן וְלֹא כִסָּהוּ, וְהַשֵּׁנִי וְלֹא כִסָּהוּ, הַשֵּׁנִי חַיָּב. כִּסָּהוּ הָרִאשׁוֹן, וּבָא הַשֵּׁנִי וּמְצָאוֹ מְגֻלֶּה וְלֹא כִסָּהוּ, הַשֵּׁנִי חַיָּב. כִּסָּהוּ כָרָאוּי, וְנָפַל לְתוֹכוֹ שׁוֹר אוֹ חֲמוֹר וָמֵת, פָּטוּר. לֹא כִסָּהוּ כָרָאוּי, וְנָפַל לְתוֹכוֹ שׁוֹר אוֹ חֲמוֹר וָמֵת, חַיָּב. נָפַל לְפָנָיו מִקּוֹל הַכְּרִיָּה, חַיָּב. לְאַחֲרָיו מִקּוֹל הַכְּרִיָּה, פָּטוּר. נָפַל לְתוֹכוֹ שׁוֹר וְכֵלָיו וְנִשְׁתַּבְּרוּ, חֲמוֹר וְכֵלָיו וְנִתְקָרְעוּ, חַיָּב עַל הַבְּהֵמָה וּפָטוּר עַל הַכֵּלִים. נָפַל לְתוֹכוֹ שׁוֹר חֵרֵשׁ, שׁוֹטֶה וְקָטָן, חַיָּב. בֵּן אוֹ בַת, עֶבֶד אוֹ אָמָה, פָּטוּר:
6 Deux individus ont en commun un puits; l’un d’eux s’en sert et ne le couvre pas; l’autre s’en sert à son tour et ne le couvre pas non plus (puis un animal y tombe); le second doit payer le dommage. Si le premier après s’être servi du puits l’a couvert, mais le dernier trouvant le puits ouvert (le couvercle s’étant cassé) ne l’a pas couvert, le dernier est condamné au paiement des dommages causés par le puits. Si le propriétaire du puits l’a bien couvert, et un bœuf ou un âne en marchant sur le couvercle est tombé dans le puits, le propriétaire est acquitté; mais si le fermeture n’était pas suffisante, il est condamné à payer le dommage. Si un ouvrier travaille dans le puits, et qu’un bœuf ou un âne, effrayé par le bruit du travail, est tombé en avant, le propriétaire du puits paiera le dommage; si, effrayé par le bruit du travail, il est tombé en arrière, le propriétaire est acquitté. Si un bœuf ou un âne qui tombe dans un puits porte un harnais qui se brise, le défendeur paiera pour l’animal, non pour le harnais. Si un bœuf dont l’intelligence ou l’instinct n’est pas dans sa maturité normale, est tombé dans un puits, le propriétaire est condamné au paiement; mais si un garçon ou une petite fille, ou un esclave ou une femme esclave y est tombée, le propriétaire est acquitté.
ז אֶחָד שׁוֹר וְאֶחָד כָּל בְּהֵמָה לִנְפִילַת הַבּוֹר, וּלְהַפְרָשַׁת הַר סִינַי, וּלְתַשְׁלוּמֵי כֶפֶל, וְלַהֲשָׁבַת אֲבֵדָה, לִפְרִיקָה, לַחֲסִימָה, לְכִלְאַיִם, וּלְשַׁבָּת. וְכֵן חַיָּה וָעוֹף כַּיּוֹצֵא בָהֶן. אִם כֵּן, לָמָּה נֶאֱמַר שׁוֹר אוֹ חֲמוֹר. אֶלָּא שֶׁדִּבֵּר הַכָּתוּב בַּהֹוֶה:
7 Ce que l’Ecriture dit du bœuf se rapporte à tous les animaux. Ainsi, quand un animal quelconque tombe dans un puits, il faut payer le dommage. Lors du retrait des animaux du mont Sinaï (à la promulgation du décalogue), il fallut les retirer tous. Si un individu a volé un animal quelconque, il faut payer le double. Si un individu a trouvé un animal quelconque perdu, il faut remplir les devoirs prescrits pour rendre les choses perdues (Dt 22, 1-2). Si un animal quelconque succombe sous le fardeau, il faut lui venir en aide (Ex 23, 5). Le précepte de ne pas museler le bœuf lorsqu’il foule le grain (Dt 30, 4). Celui de ne pas labourer avec un bœuf et un âne accouplés (ibid. 22, 10), et le repos shabatique (ibid. 5, 14), se rapportent également à tous les animaux. Pourquoi donc la Bible parle-t-elle du bœuf et de l’âne? C’est que ces animaux sont les plus communs.