Bava Kamma 2

Chapitre 2

א כֵּיצַד הָרֶגֶל מוּעֶדֶת. לְשַׁבֵּר בְּדֶרֶךְ הִלּוּכָהּ. הַבְּהֵמָה מוּעֶדֶת לְהַלֵּךְ כְּדַרְכָּהּ וּלְשַׁבֵּר. הָיְתָה מְבַעֶטֶת, אוֹ שֶׁהָיוּ צְרוֹרוֹת מְנַתְּזִין מִתַּחַת רַגְלֶיהָ וְשִׁבְּרָה אֶת הַכֵּלִים, מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק. דָּרְסָה עַל הַכְּלִי וְשִׁבְּרַתּוֹ, וְנָפַל עַל כְּלִי וּשְׁבָרוֹ, עַל הָרִאשׁוֹן מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, וְעַל הָאַחֲרוֹן מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק. הַתַּרְנְגוֹלִים מוּעָדִין לְהַלֵּךְ כְּדַרְכָּן וּלְשַׁבֵּר. הָיָה דְלִיל קָשׁוּר בְּרַגְלָיו, אוֹ שֶׁהָיָה מְהַדֵּס וּמְשַׁבֵּר אֶת הַכֵּלִים, מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק:
1 Comment la patte est-elle un muad? C’est quand l’animal brise quelque chose avec les pattes en marchant naturellement (sans méchanceté); l’animal apprivoisé est un muad, habitué à marcher selon sa nature et à briser avec les pattes les choses sur lesquelles il marche. Mais s’il rue par méchanceté, ou s’il fait rouler des cailloux qui vont briser des vases, le propriétaire de l’animal ne paie que la moitié du dommage. Si l’animal marche sur un objet qui se brise et dont les morceaux vont casser un autre objet, le propriétaire de l'animal paie pour le premier objet le dommage entier, et pour le second la moitié du dommage. Les poules sont muadim, elles ont l’habitude en marchant, selon leur nature, de briser ce sur quoi elles marchent. Si la poule avait un objet quelconque attaché à ses pattes, et que cet objet, mû par la marche de la poule, ait brisé quelque chose, ou bien si la poule en sautant a lancé des copeaux qui ont brisé quelque chose, le propriétaire ne paie que la moitié du dommage.
ב כֵּיצַד הַשֵּׁן מוּעֶדֶת. לֶאֱכֹל אֶת הָרָאוּי לָהּ. הַבְּהֵמָה מוּעֶדֶת לֶאֱכֹל פֵּרוֹת וִירָקוֹת. אָכְלָה כְסוּת אוֹ כֵלִים, מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים. בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק, אֲבָל בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, פָּטוּר. אִם נֶהֱנֵית, מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁנֶּהֱנֵית. כֵּיצַד מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁנֶּהֱנֵית. אָכְלָה מִתּוֹךְ הָרְחָבָה, מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁנֶּהֱנֵית. מִצִּדֵּי הָרְחָבָה, מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁהִזִּיקָה. מִפֶּתַח הַחֲנוּת, מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁנֶּהֱנֵית. מִתּוֹךְ הַחֲנוּת, מְשַׁלֵּם מַה שֶּׁהִזִּיקָה:
2 La dent est un muad; elle est destinée (ou habituée) à manger ce qui convient à la nature de l’animal; ainsi, il est un muad habitué à manger les produits des champs et les herbes vertes. Mais si l’animal, p. ex., ronge un vêtement ou un objet insolite, on ne paie que la moitié du dommage. On paie le dommage causé par la dent de l’animal, s’il a mangé dans le domaine du demandeur; mais s’il a mangé dans la rue, le défendeur est acquitté. Cependant le défendeur paiera ce que vaut le profit qu’il en a tiré. Tout dépend de l’endroit où il a mangé; ainsi, quand l’animal mange sur la voie publique, le défendeur ne paye que la valeur du profit tiré par l’animal; s’il mange à côté de la voie, le défendeur paie la valeur du dommage. S’il a mangé à la porte d’une boutique, on paie la valeur du profit de l’animal; mais s’il a mangé dans la boutique, on paie la valeur du dommage.
ג הַכֶּלֶב וְהַגְּדִי שֶׁקָּפְצוּ מֵרֹאשׁ הַגָּג וְשִׁבְּרוּ אֶת הַכֵּלִים, מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, מִפְּנֵי שֶׁהֵן מוּעָדִין. הַכֶּלֶב שֶׁנָּטַל חֲרָרָה וְהָלַךְ לַגָּדִישׁ, אָכַל הַחֲרָרָה וְהִדְלִיק הַגָּדִישׁ, עַל הַחֲרָרָה מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, וְעַל הַגָּדִישׁ מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק:
3 Si un chien ou une chèvre a sauté d’un toit dans la place du demandeur et a cassé un objet, le maître paiera le dommage entier, car ces animaux sont muadim (habitués à sauter). Si un chien a pris un gâteau du fourneau (avec les charbons) et s’il est allé dans le champ du demandeur, où il a mangé le gâteau et incendié un tas de blé, on paie pour le gâteau le dommage entier, et pour le blé la moitié du dommage.
ד אֵיזֶה הוּא תָם, וְאֵיזֶה הוּא מוּעָד. מוּעָד, כֹּל שֶׁהֵעִידוּ בוֹ שְׁלשָׁה יָמִים. וְתָם, מִשֶּׁיַּחֲזֹר בּוֹ שְׁלשָׁה יָמִים, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, מוּעָד, שֶׁהֵעִידוּ בוֹ שָׁלשׁ פְּעָמִים. וְתָם, כֹּל שֶׁיְּהוּ הַתִּינוֹקוֹת מְמַשְׁמְשִׁין בּוֹ וְאֵינוֹ נוֹגֵחַ:
4 Quand le bœuf est-il considéré comme un tam et quand est-il considéré comme un muad, habitué à faire le mal? Si le bœuf a frappé pendant trois jours et qu’on en a averti chaque fois son propriétaire, ce bœuf est désormais considéré comme un muad; il redevient un tam, s’il lui arrive dans les trois jours de ne plus tuer avec les cornes; tel est l’avis de R. Judah. R. Meir dit: eut-il même frappé trois fois en un seul jour, le bœuf est désormais un muad, et il redevient un tam, quand les enfants peuvent jouer avec lui sans qu’il les frappe.
ה שׁוֹר הַמַּזִּיק בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק כֵּיצַד. נָגַח, נָגַף, נָשַׁךְ, רָבַץ, בָּעַט, בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק. בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק, רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר נֶזֶק שָׁלֵם, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים חֲצִי נֶזֶק. אָמַר לָהֶם רַבִּי טַרְפוֹן, וּמַה בִּמְקוֹם שֶׁהֵקֵל עַל הַשֵּׁן וְעַל הָרֶגֶל בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, שֶׁהוּא פָטוּר, הֶחְמִיר עֲלֵיהֶם בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק לְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, מְקוֹם שֶׁהֶחְמִיר עַל הַקֶּרֶן בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, לְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק, אֵינוֹ דִין שֶׁנַּחְמִיר עָלֶיהָ בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק לְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם. אָמְרוּ לוֹ, דַּיּוֹ לַבָּא מִן הַדִּין לִהְיוֹת כַּנִּדּוֹן, מַה בִרְשׁוּת הָרַבִּים חֲצִי נֶזֶק, אַף בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק חֲצִי נֶזֶק. אָמַר לָהֶם, אֲנִי לֹא אָדוּן קֶרֶן מִקֶּרֶן, אֲנִי אָדוּן קֶרֶן מֵרֶגֶל. וּמַה בִמְקוֹם שֶׁהֵקֵל עַל הַשֵּׁן וְעַל הָרֶגֶל, בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, הֶחְמִיר בַּקֶּרֶן, מְקוֹם שֶׁהֶחְמִיר עַל הַשֵּׁן וְעַל הָרֶגֶל, בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק, אֵינוֹ דִין שֶׁנַּחְמִיר בַּקֶּרֶן. אָמְרוּ לוֹ, דַּיּוֹ לַבָּא מִן הַדִּין לִהְיוֹת כַּנִּדּוֹן, מַה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים חֲצִי נֶזֶק, אַף בִּרְשׁוּת הַנִּזָּק חֲצִי נֶזֶק:
5 Voici en quel sens il s’agit d’un bœuf qui cause un dommage dans le domaine du demandeur; s’il a poussé avec le corps, ou mordu, ou s’il s’est couché sur un objet d’une façon insolite (par méchanceté, ou par caprice), ou s’il a rué, dans tous ces cas si l’action a lieu dans une place publique, le propriétaire du bœuf ne paie que la moitié du dommage. Mais si l’action a eu lieu chez le demandeur, R. Tarfon condamne le propriétaire du bœuf à payer le dommage entier; les autres docteurs disent que, même en ce cas, le propriétaire du bœuf ne paie que la moitié du dommage. R. Tarfon leur fit alors cette objection: les dommages des catégories de la dent et de la patte sont considérés comme peu graves, ayant lieu dans une place publique, puisque le propriétaire de l’animal est complètement acquitté, cependant, si ces dommages ont lieu dans le domaine du demandeur, le défendeur est condamné à payer le dommage entier; à plus forte raison les dommages de la catégorie de la corne, qui sont plus graves s’ils ont lieu dans une place publique, puisque le défendeur est condamné à payer la moitié du dommage, doivent entraîner le paiement du dommage entier, s’ils ont lieu dans le domaine du demandeur. Sur quoi les autres docteurs ont répondu: du cas des dommages de la catégorie de la corne causés dans la place publique, tu veux tirer des conclusions pour le cas des dommages de la même catégorie causés chez le demandeur; or, nous avons pour principe qu’il suffit à la chose dérivée d’un cas déjà décidé d’être comme le cas dérivé. La chose dérivée ici est le cas des dommages de la catégorie de la corne causés chez le demandeur; la chose décidée est le cas des dommages de la même catégorie causés sur la place publique. Or, comme sur la place publique on ne paie dans cette catégorie que la moitié du dommage, de même chez le demandeur on ne paiera que la moitié du dommage. Moi, dit R. Tarfon, je ne fera pas dériver le cas des dommages par la corne (causés chez le demandeur) du cas des dommages de la même catégorie, mais je ferai dériver le cas des dommages par la corne du cas des dommages de la patte (ou de la dent), et voici comment je veux raisonner: les dommages qui ont eu lieu dans la place publique sont peu graves, s’ils sont des catégories de la dent ou de la patte (puisque le défendeur est complètement acquitté), parce que c’est sur une place publique, où les animaux peuvent manger et marcher; cependant, s’ils sont de la catégorie de la corne, où l’animal cause un dommage par méchanceté, le défendeur doit payer. Si l’animal pénètre chez le demandeur, où il n’a pas le droit d’entrer, le cas est plus grave: puisque même les dommages des catégories de la dent et de la pattes qui ont lieu chez le demandeur, entraînent le paiement du dommage entier, à plus forte raison le défendeur doit payer le dommage entier, si l’animal pénètre chez le demandeur où il n’a pas le droit d’entrer, et y cause un dommage de la catégorie de la corne. Mais on lui donna la même réponse: le point déduit ne doit pas dépasser le cas décidé d’abord: or, comme sur la voie publique on ne paie alors que la moitié, de même chez le demandeur on paiera autant–
ו אָדָם מוּעָד לְעוֹלָם, בֵּין שׁוֹגֵג, בֵּין מֵזִיד, בֵּין עֵר, בֵּין יָשֵׁן. סִמֵּא אֶת עֵין חֲבֵרוֹ וְשִׁבֵּר אֶת הַכֵּלִים, מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם:
6 L’homme est toujours muad, qu’il cause un dommage volontairement ou non, en viellant ou en dormant. S’il a aveuglé un individu (même involontairement), s’il a brisé un objet, il paiera le dommage entier.